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Consulter un psychologue s’impose dans les habitudes des Québécois

Émile Boudreau
Le 21 avril 2026 — Modifié à 10 h 42 min
Par Émile Boudreau - Journaliste

Consulter un psychologue n’est plus un tabou au Québec. Selon un récent sondage réalisé par Léger pour l’Ordre des psychologues du Québec, plus d’un Québécois sur deux (52 %) a déjà rencontré un psychologue au cours de sa vie.

De plus, près de 1,4 million de personnes, soit environ une sur sept, en consulteraient un présentement ou auraient consulté dans la dernière année. Des chiffres qui témoignent d’un changement profond dans le rapport de la population à la santé mentale.

Les bénéfices de ces consultations sont également reconnus par ceux qui y ont recours. Près de 70 % des répondants ayant consulté un psychologue rapportent un impact positif élevé dans leur vie.

« Les résultats montrent que les Québécois ont à cœur leur santé mentale et confirment tout le chemin parcouru dans la diminution des stigmas », souligne la Dre Christine Grou, psychologue et présidente sortante de l’Ordre des psychologues du Québec. Elle observe également des changements dans les comportements et les habitudes de la population, notamment avec l’émergence de l'intelligence artificielle.

Malgré cette ouverture accrue, des disparités importantes subsistent. 42 % des hommes disent avoir déjà consulté un psychologue, comparativement à 62 % des femmes. Ils sont aussi plus nombreux à rapporter des bénéfices faibles ou limités à la suite de leurs consultations (42 % contre 26 % chez les femmes).

Parmi les personnes n’ayant jamais consulté, la principale raison évoquée demeure l’absence de besoin perçu (63 %). Une proportion qui grimpe à 74 % chez les 55 ans et plus. Le coût des services arrive toutefois en deuxième position avec 16 % des répondants qui cite ce facteur, une justification nettement plus fréquente chez les jeunes adultes de 18 à 34 ans, où elle atteint 30 %.

Augmentation des consultations psychologiques

Ces résultats s’inscrivent dans une tendance de fond observée depuis plusieurs décennies. En 1990, seulement 15,4 % des Québécois consultaient un psychologue. En 2012, cette proportion avait atteint 43 %, selon des sondages de l’Ordre.

Entre 1990 et 2026, la demande pour les services psychologiques a ainsi augmenté 3,4 fois plus rapidement que la croissance de la population. Durant la même période, le nombre de psychologues a presque doublé, tout comme le nombre de clients pris en charge.

L’impact de l'intelligence artificielle en santé mentale

Un autre fait marquant du sondage concerne l’usage grandissant de l’intelligence artificielle (IA) en santé mentale. Près de la moitié des répondants (49 %) affirment avoir déjà utilisé des outils d’IA à cette fin, une proportion qui grimpe à 68 % chez les 1834 ans. Ces technologies sont surtout utilisées pour trouver des ressources d’aide (63 %), mieux comprendre ses émotions (17 %) ou gérer le stress et l’anxiété (14 %).

Les motifs principaux d'utilisation de ces outils parmi les répondants sont leur gratuité (30 %) et leur disponibilité immédiate (28 %), des éléments particulièrement attrayants pour les jeunes adultes. La possibilité d’obtenir des conseils sans jugement et de manière anonyme figure également parmi les motivations fréquemment évoquées.

L’Ordre des psychologues du Québec voit dans l’IA un complément à l’offre actuelle en santé mentale. Il rappelle toutefois que, si ces outils peuvent soutenir les personnes et faciliter l’accès à de l’information, ils ne sauraient remplacer l’évaluation, le jugement clinique et l’accompagnement offerts par un psychologue.

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