Lors de la période des questions tenue hier à l’Assemblée nationale du Québec, la députée de Chicoutimi et porte‑parole du Parti québécois (PQ) en matière de Régions, Marie‑Karlynn Laflamme, s’est vivement attaquée au gouvernement caquiste au sujet du nouveau conseil des régions.
Elle a interpellé le ministre délégué aux Régions, Mathieu Lévesque, affirmant que cette structure contribue davantage à marginaliser les régions qu’à les rapprocher des centres décisionnels.
Selon l’élue péquiste, après huit années de gouvernance de la Coalition avenir Québec (CAQ), les régions seraient « plus loin que jamais » du conseil des ministres. Elle soutient que seules Montréal et Québec bénéficient désormais d’un accès direct au pouvoir exécutif.
« Pour les autres, la première ministre a créé une table des enfants en marge de la table des adultes. », a‑t‑elle lancé, dénonçant un mécanisme qui forcerait les régions à se partager l’attention d’un seul ministre délégué
Marie‑Karlynn Laflamme a également remis en question la capacité du ministre à représenter adéquatement la diversité régionale.
« Je m’excuse, mais nos régions c’est 17 réalités, 17 économies, 17 identités différentes. », a‑t‑elle plaidé, estimant qu’un seul intermédiaire ne pouvait en porter efficacement la voix au conseil des ministres.
À ses yeux, le conseil des régions n’est qu’une « patente cosmétique et partisane » mise en place pour consoler une poignée d’élus caquistes déçus de ne pas se retrouver au conseil des ministres.
La députée a aussi dénoncé le manque de moyens concrets accordés au ministre délégué, soulignant qu’il ne dispose ni d’un ministère à part entière ni de fonds dédiés pour mettre en œuvre les engagements de la première ministre envers les régions.
En réponse, le ministre Mathieu Lévesque a fait valoir qu’un ministre issu de chaque région siège au conseil des ministres, assurant ainsi une représentation territoriale. Un argument que rejette Mme Laflamme, qui distingue la présence régionale de la responsabilité politique.
« On donne des postes de ministres dans toutes les régions, mais pas de ministre responsable d’elles », a‑t‑elle soutenu, rappelant qu’avant le 20 avril, un ministre était spécifiquement chargé de répondre aux enjeux de sa région.
Selon elle, l’abolition de cette responsabilité complique désormais l’avancement des projets régionaux et affaiblit le sentiment de représentation. Elle estime que la « déconnexion » entre la CAQ et les régions a été consacrée par le discours de la ministre Christine Fréchette prononcé mardi à l’Assemblée nationale.
« Après huit ans au pouvoir, la CAQ ne réserve aux régions qu’une mention pendant que la première ministre poursuit ses orientations pour les grandes villes. », a conclu la porte‑parole péquiste, affirmant que le bilan régional du gouvernement est « inexistant ».