Dimanche, 16 juin 2024

Culture

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Théories complotistes et extrême droite : De bons amis selon Corinne Asselin

Le 29 octobre 2021 — Modifié à 15 h 43 min le 29 octobre 2021
Par Julien B. Gauthier

Les théories complotistes sont à manier avec précaution. Fallacieuses et controversées, elles peuvent rapidement conduire ceux qui s’y intéressent vers des dérives idéologiques lourdes de conséquences.

C’est ce que soutient l’Almatoise Corinne Asselin. Dans un recueil publié tout récemment et qu’elle a coécrit, Anguilles sous roche : Les théories du complot à l’ère du coronavirus, elle tente d’exposer les liens qui unissent parfois théories du complot et mouvements d’extrême droite.

« Ce que j’ai pu constater au fil de mes recherches, c’est que les théories complotistes sont souvent une porte d’entrée vers des discours très conservateurs de droite, voire d’extrême droite », indique Corinne Asselin.

L’histoire se répète

En outre, cette dernière rappelle que les théories complotistes sont « un phénomène social très vieux qui se réactualise selon les contextes sociopolitiques. »

L’autrice explique qu’il est récurent dans l’histoire qu’un groupe politique de droite se réapproprie les conspirations du moment avec l’intention camouflée de susciter l’adhésion à leurs rangs. « Ils profitent des périodes d’instabilité sociale ou de précarité », précise-t-elle, citant notamment Donal Trump.

Instumentaliser la peur

Par ailleurs, en comparant le discours antivaccin actuel à des conspirations plus anciennes, Corinne Asselin a pu remarquer que les différentes théories complotistes ont comme point commun d’utiliser la peur à des fins de persuasion.

En effet, et les dirigeants des mouvements de droite l’ont bien compris, une personne effrayée en est une que l’on peut convaincre d’à peu près n’importe quoi. La pandémie est en ce sens un terreau très fertile pour le recrutement de nouveaux partisans.

Raisonnement séduisant

Selon Corinne Asselin, les discours conspirationnistes tirent leur force du fait qu’ils sont accessibles. Ils prétendent expliquer de façon simple des enjeux qui, au fond, sont beaucoup plus complexes et nuancés. Or, bien que logiques en apparence, ils demeurent « truffés de sophismes. »

« Au final, ça peut faire en sorte que les gens se démobilisent, parce qu’ils perdent confiance envers leur communauté, ce qui mène ensuite vers l’isolement et la méfiance. Moi aussi, j’ai de bonnes raisons d’être très critique du système, mais j’ai l’impression que le discours conspirationniste est trop simpliste et qu’il ne nous mène pas vers de bonnes solutions, comme d’avoir des communautés plus solidaires. »

 

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