Une délégation composée de représentants de trois régions du Québec, dont le Saguenay–Lac-Saint-Jean, s’est rendue à Ottawa aujourd’hui afin d’interpeller directement les élus fédéraux sur les impacts des restrictions imposées au Programme des travailleurs étrangers temporaires (PTET).
Cette mobilisation survient malgré l’annonce, le 13 mars dernier, d'assouplissements jugés insuffisants par les acteurs régionaux qui autorisaient certaines entreprises à maintenir leur nombre actuel de travailleurs étrangers temporaires et d’augmenter le seuil autorisé de 10 % à 15 %.
Pour la délégation, ces mesures demeurent toutefois nettement en deçà des besoins des régions du Québec. Elle réclame un retour au seuil de 20 % ainsi que la prolongation, pour au moins 24 mois, des permis de travail dans le secteur régional manufacturier.
« Pour de nombreuses entreprises du Saguenay–Lac-Saint-Jean, comme pour toutes nos régions, le PTET représentait le seul outil viable pour assurer leur pérennité opérationnelle. », a insisté Luc Boivin, maire de Saguenay et porte-parole du Comité de l’Immigration économique.
Selon lui, les restrictions imposées par le gouvernement fédéral ont des conséquences « immédiates et catastrophiques » comme des pertes de contrats, la réduction des heures d'exploitation, des fermetures temporaires d'établissements et, dans certains cas, des menaces directes sur la survie même des entreprises.
« Ce sont des coups durs pour nos familles et notre écosystème d’affaires. », a-t-il ajouté.
Rencontres et témoignages
Au cours de la journée, la délégation a multiplié les rencontres avec des élus et des fonctionnaires fédéraux. L’objectif était de présenter des données concrètes, de faire entendre des témoignages d’entrepreneurs et de travailleurs étrangers et de proposer des solutions adaptées aux réalités régionales du Québec.
Parmi les délégués provenant du Saguenay–Lac-Saint-Jean figurait Mario Ramirez, soudeur originaire du Mexique, à l’emploi de l’entreprise jeannoise Proco, spécialisée dans la conception, la fabrication et l’installation de structures d’acier et de ponts. Devant les parlementaires, il a livré un témoignage empreint d’émotion sur son parcours.
« Rejoindre le Québec pour participer à ses succès, c’est un sentiment d’engagement envers notre terre d’accueil, mais c’est aussi un choix de vie pour améliorer le sort de nos familles. Nous donnons tout, sans compter, pour réussir notre intégration dans l’entreprise, comme dans la ville. Nous souhaitons simplement pouvoir poursuivre notre contribution, car notre présence au Québec est gagnante pour tout le monde. Nous ne sommes pas que des visas. », a-t-il déclaré.
Remise d’une clé symbolique
En marge des rencontres tenues sur la colline parlementaire, une clé en aluminium fabriquée au Québec a été remise aux élus québécois et aux membres du conseil des ministres. Selon la délégation, cet objet représente à la fois les portes que les employeurs ne parviennent plus à ouvrir, les équipes qu’ils ne peuvent plus compléter et les projets laissés en suspens. Pour certains, elle évoque même la menace de « mettre la clé dans la porte ».
La délégation souhaite toutefois voir dans ce geste un symbole d’ouverture et d’un dialogue renouvelé avec le gouvernement fédéral afin de trouver des solutions durables qui tiennent compte des réalités économiques propres aux régions du Québec.