Mardi, 27 février 2024

Faits divers

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« Mon cœur a besoin de parler » — Ingrid Bouchard

Le 10 novembre 2013 — Modifié à 00 h 00 min le 10 novembre 2013
Par Karine Desrosiers

« Mon cœur a besoin de parler » — Ingrid Bouchard

Jeudi soir dernier, lors des événements qui ont secoué Alma avec une tentative de meurtre suivie d'un suicide, le réseau Facebook s'est déchainé. C'est donc via ce réseau que la fille de Lionel Bouchard, l'individu impliqué dans cette histoire, Ingrid, a décidé de communiquer avec le public pour donner sa version des événements.

Jeudi, très rapidement, le nom de Lionel Bouchard, ce retraité de la papeterie Alma, circulait allègrement même si officiellement, ce n'est que vendredi midi que la Sûreté du Québec a confirmé son identité.

Également, plusieurs informations laissaient entendre que l'homme en question avait été libéré sous conditions quelques jours auparavant justement en rapport avec une histoire de violence conjugale.

Voici donc le témoignage d'Ingrid Bouchard, tel que diffusé sur Face book, pour expliquer le geste. Afin d'en faciliter la lecture, nous avons juste introduit des paragraphes dans le texte original:

Texte intégral d'Ingrid Bouchard

« Suite au reportage d'hier à TVA concernant le drame qui est arrivé le 7 novembre et qui impliquait mon père LIONEL BOUCHARD, mon coeur a besoin de parler.

Certaines personnes m'ont avisé: "Fait attention Ingrid à ce que tu vas dire car ces gens de la supposée justice ont le pouvoir, le moyen et l'argent pour de traîner en cours si tu les atteints."

Nous composons présentement avec plusieurs émotions: la peine, la colère, la culpabilité, l’incompréhension et l'impuissance. Ce qui a été dit hier aux nouvelles sont des faits. Mon père était un homme blessé dans son âme qui ne savait pas gérer ses émotions. Il faisait parti de la génération des hommes qui ne voulaient pas passer pour des faibles. Admettre qu'il était malheureux et qu'il avait besoin d'aide aurait été un déshonneur pour lui.

Mon but n'est pas de culpabiliser personne mais d'expliquer que oui certaines personnes ont fait fît de toutes les informations qu'elles avaient reçu de notre part et s'en lave trop facilement les mains en disant qu'il n'avait pas de raison de croire que mon père pouvait être dangereux.

Nous n'avons jamais caché à notre entourage que mon père était un homme violent avec des problèmes d'alcoolisme. Tout le monde qui le connaissait le savait d'ailleurs. Après son arrestation, nous, moi et ma soeur sommes allé le voir le dimanche en prison avant sa première comparution du 15 octobre pour sa remise en liberté. Nous avons constaté que beaucoup de colère l'habitait et qu'il ne comprenait la gravité de ses gestes et de ses paroles. Nous savions dès lors que le risque de le remettre en liberté était grand.

Nous le connaissons, c'est NOTRE PÈRE ET NOUS AVONS UN PASSÉ AVEC LUI. Mais nous l'aimions quand même pour tous les beaux moments que nous avons partagé avec lui et c'est pourquoi même si nous n'avions aucune espèce d'idée de ce que nous attendions clairement de nous pour lui venir en aide, nous nous sommes présenter en cours pour l'aider. Le résultat: il est retourné en détention.

Pourquoi, parce que la Procureure de la Couronne, à qui d'ailleurs je veux dire merci d'avoir été humaine et compréhensive à notre égard, nous a posé les bonnes questions à s'avoir si nous craignions pour la vie de madame Hélène Gauthier ainsi que celle de notre père et comme nous sommes des gens honnêtes, nous n'avons pas été capable d'y répondre. D'ailleurs, il n'était pas question que nous allions témoigner en faveur de notre père. On le savait, on l'a dit à tout le monde, mon père avait besoin d'aide.

On nous a par la suite indiqué qu'on nous avait mal préparées. Préparer à quoi!!!! À mentir????? Deux dernières discussions s'en sont ensuite suivi avec les avocats. L'un nous faisant sentir coupable que notre père soit retourné en prison et l'autre, qui semblait pourtant à l'écoute de ma demande à ce que mon père reçoive de l'aide avant de pouvoir sortir de prison. Après, plus capable de parler à personne, pas de nouvelles, pas de retour d'appels.

Pendant ce temps, mon père a cru que nous étions contre lui et que nous étions en train de monter tout le monde contre lui. Pauvre papa, si tu savais à quel point nous voulions t'aider. Nous aurions tellement voulu que tout se passe bien et que tu retrouves la paix et du bonheur dans ton coeur.

Pendant ce temps, la technique consistait à trouver quelqu'un d'autre pour le sortir de là. Le mardi soir le 22 octobre, on a frappé à ma porte. Il s'agissait de mon père, j'apprenais donc à ce moment qu'il venait d'être libéré. Je l'ai accueilli, parce que je l'aimais, je lui ai offert l'hospitalité parce que je voulais l'aider.

Et au travers de nos emplois respectifs, moi et ma soeur, épions ses faits et gestes. Nous voulions connaître son emploi du temps, s'avoir où il allait, ce qu'il faisait. Nous avons fait les psychologues avec lui, lui avons dit à maintes fois qu'il n'était pas seul, que nous étions là pour lui mais ce ne fut pas suffisant.

Nous avons pourtant sonné l'alarme et demandé de l'aide mais on ne nous a pris au sérieux. On dit: Ce qui est dû pour arriver, va arriver. D'accord! Mais parfois, on peut faire une différence....... Petite Hélène, on pense à toi xxx »

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