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L'emphase est mise sur la culpabilisation de l'agresseur

Le 15 novembre 2013 — Modifié à 00 h 00 min le 15 novembre 2013
Par Karine Desrosiers

À sa 8e année, la campagne de prévention sur la drogue du viol prend une tout autre tournure. Au lieu de prévenir la victime, cette fois-ci, on cible directement la personne commettant l'agression, le but ultime étant de créer un malaise et lui faire comprendre les conséquences juridiques de son geste et les conséquences sociales de la part des personnes de leur entourage qui s'objectent à ce genre de comportement criminel.

À cet effet, les organisateurs de l'édition 2013 arrivent avec un thème percutant: « Intoxiquer une personne pour « baiser », c’est un crime! », plaçant directement la responsabilité sur le dos de l'agresseur qui commet le crime.

« Avant, on misait plus sur la victime. C'était comme toujours elle qui était en faute, fais attention, habille-toi pas d'une telle manière, etc. Là, on s'est dit, il faut puncher et miser sur une autre personne qui fait partie de cette problématique-là et c'est l'agresseur. Dans notre vidéo, on peut voir les conséquences. On le voit avec le policier, avec ses amis, ce n'est plus la même ambiance quand ils sont ensemble et ils ne veulent même plus le voir. Il est rejeté, car il a commis un crime envers quelqu'un qu'ils connaissaient. On veut aussi montrer que ce n'est pas toujours avec des inconnus que ça se passe ce genre de situation là », lance d'un trait Andréa Simard, intervenante pour le Comité travail de rues à Alma qui est associé au CALACS Entre Elles, à Toxic-Actions de Maria-Chapdeleine et le service d’intervention de proximité de Domaine du Roy pour cette campagne de sensibilisation.

En prérequis à cette campagne automnale, en avril dernier, une capsule vidéo sur les « drogues du viol » était lancée. Cette capsule montre un jeune homme dans un « party », mettant de la drogue dans un verre d’alcool, dans l’intention de commettre une agression sexuelle. Celui-ci, posant un geste grave, s’est retrouvé avec plusieurs conséquences auxquelles il n’aurait jamais cru faire face.

Souvent, on pense que la question de la drogue du viol se débute uniquement dans les bars. Pourtant, la vidéo en question se passe dans une maison privée

Rappelons que l’alcool joue un rôle de premier plan quand il est question des « drogues du viol . L’utilisation de celles-ci se fait partout où les possibilités le permettent: Partys privés, spa, autour d’un feu, bal des finissants, etc

Difficile à répertorier

Les cas de drogue du viol sont difficiles à répertorier, selon Andréa Simard.

« C'est difficile, car les cas ne sont pas répertoriés. Nous, notre travail comme intervenant, c'est d'amener la personne à vouloir déclarer cet acte-là. Le sentiment que les gens ont quand ils sont victimes de la drogue du viol ou de l'alcool, faut pas oublier que la première drogue du viol, c'est l'alcool. Les gens n'ont pas besoin de mettre une substance X pour violer quelqu'un. S'ils intoxiquent comme il faut, ça peut se passer juste avec l'alcool. Nous, on essaie d'amener les femmes jusqu'à l'hôpital pour aller déclarer et passer une trousse médico-légale. Souvent, la personne ne veut pas, car elle se dit que tout d'un coup ce n'est pas ça que j'ai eu et c'est trop difficile d'en parler. C'est très difficile pour la personne aussi quand on se fait faire ça »souligne Andréa Simard.

Il y a également toute la perte de conscience face à la réalité.

« La personne ne sait pas ce qui s'est passé. Souvent, la personne se réveille et n'a plus de sous-vêtements… elle se sent dans un état bizarre et elle a toute perdu le fil de ce qui s'est passé, à part les minutes qui précèdent », ajoute l'intervenante.

Une campagne ciblée

Au cours des deux prochaines semaines du mois de novembre, une tournée s’amorcera afin d’apposer des affiches dans les bars, écoles secondaires, cégeps et université de la région pour sensibiliser le plus de gens possible à cette problématique qu'est la drogue du viol.

Plusieurs kiosques de prévention sur ce sujet seront faits dans le cadre de la Semaine de prévention des toxicomanies dans les écoles secondaires du Lac-St-Jean.

Sur notre territoire, les quatre écoles secondaires seront visitées à tour de rôle.

Des intervenants des différents organismes participants à cette campagne « Intoxiquer une personne pour « baiser », c’est un crime! » seront de la partie afin de répondre aux différentes questions et réactions des jeunes en lien avec la capsule vidéo.

Cela fait 8 ans que les organismes se réunissent afin de travailler sur cette problématique et déterminer les meilleurs aspects sur lesquels miser pour toucher les gens et contrer ce problème important.

Avec les affiches qui seront placées dans les salles de bain des bars et des écoles de la région, la capsule vidéo qui circulera encore sur les réseaux sociaux et via le site www.francisdoucet.com, les responsables veulent en arriver à toucher les hommes afin qu’ils puissent réfléchir avant de poser une telle agression et les sensibiliser aux différentes conséquences qui y sont reliées.

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