Accompagné par sa mère, un adolescent de 14 ans de Labrecque a participé à un séminaire pour les enfants amputés à Québec il y a quelques semaines pour célébrer le 50e anniversaire du programme Les Vainqueurs. Loïc Bernier est très reconnaissant envers l’Association des Amputés de guerre qui l’organisait et le supporte depuis qu’il a été privé d’une main à sa naissance en raison d’une maladie congénitale.
Une centaine de jeunes amputés et leurs parents venant de plusieurs régions étaient réunis et ont pu échanger sur les défis qu’ils rencontrent. Loïc, qui reçoit de l’aide financière pour l’achat de prothèses et d’appareils afin de les relever, a beaucoup aimé ce séminaire entièrement gratuit lui aussi.
« On se donnait des trucs et c’était vraiment le fun! On échangeait nos expériences. J’ai eu plein de prothèses depuis ma naissance et plein d’adaptations, notamment pour mon vélo. »
Sa mère, Marylise Gauthier, précise que 100% des frais sont assumés par l’Association des Amputés de guerre, ajoutant que toutes ses demandes ont été acceptées à ce jour. Et ces rencontres permettent aussi d’échanger entre parents, souligne-t-elle.
« On avait des questionnements parce qu’en 2026, il aimerait suivre des cours pour avoir son permis de conduire probatoire et on ne savait pas comment ça allait fonctionner. C’était la mission que je m’étais donné et j’ai eu toutes les réponses et même plus que j’espérais. Le premier séminaire auquel j’ai assisté, je me demandais comment j’allais lui apprendre à lacer ses chaussures. Une dame m’avait dit : ce n’est pas toi qui vas le faire. Tu as deux mains et tu ne peux pas lui montrer. Il l’a appris tout seul, comme tout ce qu’il fait. »
Persévérance et débrouillardise
Son fils est très persévérant et débrouillard, ajoute sa mère, qui se dit fière de lui.
« Je suis comme tout le monde, indique Loïc, sauf que je prends une façon différente de faire les choses. Je réussis pas mal tout le temps à faire ce que je veux. J’aime bien la chasse avec mon père au chalet, je fais de l’ébénisterie, notamment des armoires. Je joue de la musique aussi, de la guitare basse. Je suis sportif. Je joue au hockey, au basket et au badminton pour le plaisir. »
L’adolescent, qui terminera cette année son secondaire trois à l’école Jean-Gauthier à Saint-Cœur-de-Marie, affirme que son parcours académique n’a pas été difficile, malgré son handicap.
« Je prends les blagues, mais c’est sûr que des fois, les blagues, il y en a des plus méchantes. Dans ce temps-là, je fais juste me tenir loin de ces gens-là. Les gens me posent souvent des questions sur ce qui m’est arrivé et je leur réponds. À l’école, la première fois que tu y vas, tout le monde te pose la question. Maintenant, ils me connaissent tous! »