À quelques heures de la présentation du nouveau budget du Québec, le Syndicat de la fonction publique et parapublique du Québec (SFPQ) craint que « les services à la population continuent de diminuer en région si la CAQ maintient ses mesures d’austérité ».
Déjà, dénonce la SFPQ, « la cure minceur imposée à la fonction publique par le gouvernement Legault a fait perdre pas moins de 186 postes dans la région.
Ainsi, selon les données compilées par le SFPQ, la taille de la fonction publique a diminué de près de 17,7% au Saguenay-Lac-Saint-Jean entre les mois de septembre 2024 et de mars 2026. À l’échelle du Québec, ce sont plus de 3 000 emplois qui ont disparu durant cette période, ce qui a entraîné « des coupes de services, une réduction des heures d'ouverture des bureaux et le recours accru à la sous-traitance coûteuse pour pallier le manque de main-d’œuvre ».
« La CAQ ne se soucie guère des inspections, des contrôles, de la vérification, de la justice, de la sécurité de la population, de l’octroi d’aide financière sous toutes formes et de l’entretien du réseau routier, tous des services offerts par le personnel de la fonction publique. Le gouvernement a plutôt choisi, depuis son arrivée au pouvoir, de baisser les impôts, se privant ainsi de milliards de dollars chaque année. Si aujourd’hui, les coffres sont vides, c’est en raison de cette stratégie électoraliste. La CAQ doit faire marche arrière dans son budget », affirme Jimmy Tremblay, président régional du SFPQ.
L’austérité en région, explique-t-il, affecte la population de différentes façons : « des lignes téléphoniques qui débordent et des appels manqués, des bureaux régionaux fermés, des procès qui avortent par manque de personnel, des analyses de l’eau, de l’air et du sol compromises au ministère de l’Environnement ainsi que des milliers de dossiers en attendent pour une indemnisation ».
« Nos membres tiennent les services à bout de bras : que ce soit pour obtenir votre permis de conduire, des indemnités pour un accident de travail ou comme victime d’actes criminels, une aide de dernier recours, les diverses inspections ou même l’entretien de nos routes. Si la CAQ est sérieuse dans la volonté d’assainir les finances publiques, elle doit arrêter le gaspillage d’argent dans les contrats au privé. Il en coûte jusqu’au double du prix pour faire de travaux sur nos routes, répondre au téléphone et réaliser des projets informatiques. Le gouvernement préfère mettre à pied du personnel et se prive ainsi d’une expertise importante au profit de la sous-traitance, sans compter les nombreux dépassements de coûts comme on a pu le voir avec SAAQclic et le dossier de santé numérique », conclut monsieur Tremblay.
Le SFPQ est un syndicat indépendant qui regroupe environ 42 500 membres à travers le Québec. Quelque 31 500 d’entre eux sont issus de la fonction publique québécoise et répartis comme suit : près de 27 500 employés de bureau, techniciens et environ 4 000 ouvriers travaillant au sein de divers ministères et organismes. Les 11 000 autres membres proviennent du secteur parapublic.