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Crise dans le secteur forestier

Le milieu réclame une intervention d’urgence au gouvernement

Le 19 mars 2026 — Modifié à 14 h 00 min
Par Emmanuelle LeBlond - Journaliste

Face à la crise qui perdure, les élus et les acteurs économiques du territoire se mobilisent pour soutenir l’industrie forestière et ses entrepreneurs, et pressent le gouvernement du Québec d’intervenir en urgence.

À la fin février, les maires de la MRC de Maria‑Chapdelaine, accompagnés de quelques élus de la MRC du Domaine‑du‑Roy et des acteurs économiques du milieu, ont participé à une rencontre avec deux responsables du secteur forestier, l’un de Rémabec et l’autre de Domtar.

« Ils nous ont expliqué les enjeux qu’ils vivaient présentement, les problématiques au niveau de l’industrie, mais surtout au niveau des entrepreneurs forestiers », explique le maire de Dolbeau-Mistassini, Rémi Rousseau.

Ce dernier a été interpellé par leurs propos. « Ce qui nous touche le plus, c’est le fait de voir qu’il y a beaucoup d’entrepreneurs qui sont en redressement présentement. Il y en a qui se demandent s’ils sont capables de passer au travers. Un entrepreneur doit travailler 45 semaines dans l’année. Il y en a qui ont travaillé de 24 à 29 semaines. C’est sûr qu’avec les obligations qu’ils ont à remplir, ils ne sont pas capables d’y arriver », soutient-il.

L’élu a une pensée pour les entrepreneurs forestiers qui, souvent de génération en génération, ont choisi de faire de la forêt leur métier par passion. Les arrêts hâtifs des opérations entraînent la mise à pied de centaines de travailleurs vivant dans nos communautés, ce qui affecte lourdement la population des douze municipalités de la MRC de Maria‑Chapdelaine.

« Une crise comme ça, on n’a pas vu ça souvent », affirme le maire de Dolbeau-Mistassini.

Depuis les derniers temps, les difficultés se multiplient dans le secteur. Les donneurs d’ordre doivent composer avec des tarifs douaniers d’environ 45 %. À cela s’ajoute une hausse marquée des coûts d’opération, de maintenance et des équipements.

Éviter la déstructuration de la filière forestière

Alors que la crise frappe de plein fouet l’industrie forestière, le ministère des Ressources naturelles et des Forêts a dévoilé, le 24 février, une série de mesures. Selon les acteurs du milieu, celles‑ci demeurent insuffisantes.

En ce sens, les municipalités de la MRC de Maria‑Chapdelaine sont invitées à adopter une résolution soutenant leurs entrepreneurs forestiers, comme l’a fait Dolbeau‑Mistassini à sa dernière séance du conseil municipal.

Les élus demandent au gouvernement du Québec d’agir rapidement pour supporter les entrepreneurs forestiers afin d’éviter la déstructuration de la filière forestière. La mise en place de solutions concrètes pour les soutenir est réclamée, comme des allégements fiscaux et financiers.

Le conseil municipal souhaite qu’Investissement Québec, bras financier et pilier du développement économique du gouvernement du Québec, soit mis à contribution.

Aussi, les élus veulent que le gouvernement du Québec fasse pression sur le gouvernement fédéral afin de simplifier l’accès à l’assurance-emploi des employés touchés par la crise actuelle.

En octobre dernier, la MRC de Maria-Chapdelaine a aussi lancé un appel pressant au gouvernement du Québec pour qu’il intervienne rapidement, sans attendre l’issue des travaux liés au projet de loi sur la modernisation du régime.

Les acteurs se prononcent

Les acteurs économiques du territoire ont également fait valoir leurs priorités. Le comité de la première économie, regroupant des représentants de l’agriculture, de la foresterie et du tourisme, a formulé plusieurs demandes pour soutenir l’industrie et les entrepreneurs forestiers. Dominique Rousseau, membre du comité et associée chez Mallette, est engagée dans ce processus auprès de ces derniers.

Parmi les mesures réclamées figurent l’autorisation pour Investissement Québec d’accorder des congés de paiement aux entrepreneurs forestiers, la création d’un nouveau programme pour soutenir le milieu ainsi que la conversion de prêt en subvention, précise-t-elle.

Dominique Rousseau insiste sur l’importance d’agir rapidement : « Actuellement, on a une course à la chefferie. On va avoir un nouveau premier ministre au mois d’avril. Si ça agit après les élections, il sera trop tard. C’est là qu’on a besoin d’argent. Ces demandes ont été expliquées avant les Fêtes. Elles ont été formulées et déposées en janvier. Je relance toutes les semaines pour savoir ce qu’il arrive. »

Le tout a été transmis à la députée de Roberval Nancy Guillemette ainsi que le député de Lac-Saint-Jean et ministre responsable du Saguenay-Lac-Saint-Jean, Éric Girard.

 

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