C’est une mobilisation « historique » qui a débuté ce matin sous l’impulsion du mouvement « Le Communautaire à boutte » avec le déclenchement d’une grève impliquant plus de 1 600 organismes communautaires de partout au Québec, dont 111 au Saguenay-Lac-Saint-Jean, pour un total d’environ 22 000 travailleurs en débrayage jusqu’au 2 avril.
« C’est historique, ce qu’il se passe aujourd’hui, mais c’est important de comprendre que la grève n’est pas contre la population, mais bien contre les décisions qui sont prises par les gouvernements, peu importe lequel, depuis trop longtemps » affirme Claudia Boudreault, agente de communication et d’engagement communautaire pour la Table régionale des organismes communautaires de la région 02 (TROC 02).
Les organismes communautaires ayant voté un mandat de grève maintiendront leurs services suspendus totalement ou en partie durant la période de débrayage. Certes difficile, il s’agit d’une décision qui s’imposait pour le communautaire, qui peine à se faire entendre par le gouvernement du Québec.
Le milieu communautaire revendique « des conditions de travail décentes pour les travailleurs et les travailleuses du communautaire, un financement suffisant à la mission de base, une reconnaissance pleine et entière des organismes, la protection de l’autonomie et la fin du financement précaire (financement par projets par opposition au financement à la mission) ainsi qu’un engagement clair à investir dans le modèle communautaire comme pilier stratégique », indique Jean-Michel Gauthier Robert, agent aux communication du Centre d’action bénévole Entre-Êtres de Jonquière et représentant de la cellule de mobilisation régionale du Saguenay-Lac-Saint-Jean.
Le mouvement Communautaire à boutte travaille actuellement à la mise en place d’une table de négociation avec le gouvernement de Québec. Les revendications, notamment sur le plan monétaire, seront précisées par la table de négociation. En attendant, les acteurs du milieu communautaire profiteront des neuf prochains jours de grève pour sensibiliser la population quant à leur importance dans les rouages du système. Une importance souvent sous-estimée, estiment-ils.
Le débrayage déclenché ce matin constitue la deuxième phase de la mobilisation qui a débuté à Shawinigan. La mobilisation pourrait s’étirer dans le cadre d’une troisième phase advenant que le milieu communautaire n’obtienne pas ce qu’il demande à Québec.