Une majorité de Québécoises et de Québécois estiment que le climat de civilité au Québec s’est détérioré au cours des dernières années. C’est ce qui ressort d’une étude menée par la firme Léger pour le compte de la Centrale des syndicats du Québec (CSQ), portant sur les perceptions de la population en matière de sécurité, d’incivilité et de violence.
Bien que la plupart des répondants disent se sentir généralement en sécurité, tant dans leur vie personnelle que professionnelle, 67 % jugent que le niveau de violence dans la société québécoise a augmenté au cours des cinq dernières années. Plus encore, 57 % croient que cette violence continuera de croître à l’avenir.
L’étude définit la violence et l’incivilité de manière large, incluant notamment l’intimidation, le harcèlement à caractère sexuel, les insultes ou propos dégradants, les bousculades, la pression psychologique, les comportements agressifs ou méprisants, les accès de colère lors de désaccords, ou encore des gestes comme le fait de jeter des déchets au sol.
Au cours des 12 derniers mois, la grande majorité des personnes sondées affirment avoir entendu parler de situations d’incivilité (68 %) ou de violence (84 %). Près de la moitié disent avoir été témoins d’actes d’incivilité (48 %), tandis que 29 % rapportent avoir vu des situations de violence. Une proportion non négligeable de répondantes et répondants indiquent aussi en avoir été personnellement victimes : 28 % pour l’incivilité et 10 % pour la violence.
Selon l’étude, 82 % des personnes interrogées estiment que le contexte social et numérique dans lequel évolue la société québécoise influence la fréquence et l’intensité de l’incivilité et de la violence. Parmi les utilisateurs et utilisatrices des médias sociaux ou des applications de messagerie, 78 % considèrent que le niveau d’incivilité et de violence en ligne a augmenté au cours des cinq dernières années. Là encore, les perspectives sont pessimistes : 68 % s’attendent à une détérioration de la situation dans le futur.
Lorsqu’il est question des solutions, la responsabilité collective fait consensus. Au total, 88 % des répondantes et répondants estiment qu’il est de la responsabilité de l’ensemble de la société d’agir pour réduire les actes d’incivilité et de violence. Les individus sont les premiers désignés comme acteurs du changement (70 %), suivis des forces de l’ordre (33 %) et des gouvernements (22 %). Par ailleurs, 85 % de la population croit que la prévention de l’incivilité et de la violence devrait s’imposer comme une priorité au Québec.