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Vivre avec un stress post-traumatique complexe

Michaël Morin raconte son quotidien avec son chien d’assistance

Jean-François Desbiens
Le 09 avril 2026 — Modifié à 12 h 37 min
Par Jean-François Desbiens - Journaliste

À 33 ans, Michaël Morin a appris à vivre avec un stress post-traumatique complexe. Depuis plus de deux ans, son quotidien est transformé par la présence de son chien d’assistance psychologique qui porte un dossard de l’organisme TOGO, qui l’a entraîné.

L’ancien militaire, maintenant installé à L’Ascension et qui étudie en protection de la faune au Collège d’Alma, a connu un parcours marqué par l’adaptation et la reconstruction.

Il s’est enrôlé très jeune dans les Forces armées canadiennes, à 16 ans dans la réserve, puis à 18 ans dans la régulière, où il a servi pendant quatre ans. À sa sortie, aucun diagnostic n’est posé malgré des symptômes déjà présents.

« J’avais déjà un problème lié à ma santé mentale, mais je ne savais pas quoi. Ça a empiré avec les années », explique-t-il.

Sa situation se détériore progressivement, jusqu’à ce qu’il atteigne un point critique alors qu’il vit en Colombie-Britannique, loin de ses proches.

« J’étais au pire de ce que je pouvais être. Pas de famille, pas de soutien. »

C’est à ce moment qu’un professionnel prend le temps de l’écouter et de poser un diagnostic, ce qui marque un tournant dans son parcours. Pour l’aider à mieux vivre avec son trouble, Michaël Morin décide alors de se tourner vers un chien d’assistance.

« Mon chien, c’est un des outils que j’ai pour m’aider. Il m’aide à mieux vivre », affirme-t-il.

L’animal est spécialement entraîné pour intervenir lors de situations de stress ou d’anxiété. Il peut notamment créer un espace autour de lui dans les lieux publics, agir comme barrière de sécurité et pratiquer la thérapie par pression en se couchant sur lui pour l’apaiser.

Détecter des signes de détresse

Le chien est également capable de détecter des signes de détresse.

« S’il sent que ça ne va pas, il va venir me donner un coup de patte pour que je me recentre », explique Michaël Morin.

Dans certains cas, il peut même agir de manière autonome, comme lorsqu’il l’a guidé vers la sortie d’un centre commercial alors qu’il se sentait désorienté. Au-delà de ses fonctions pratiques, sa simple présence contribue à briser l’isolement.

« Juste de ne pas être seul, ça change tout », dit-il.

Après son passage dans l’armée, Michaël Morin a vécu une importante période de solitude. Aujourd’hui, il souhaite sensibiliser la population à la réalité des personnes vivant avec un trouble de santé mentale et l’utilisation des chiens d’assistance.

Il donne notamment des conférences pour démystifier leur rôle.

« Ce n’est pas un animal de compagnie, c’est un outil. Mais on doit souvent se battre pour faire respecter nos droits. »

Il a d’ailleurs déjà dû porter plainte après s’être vu refuser l’accès à un établissement public. Les interactions avec le public peuvent aussi être difficiles.

« Les gens sont curieux, mais parfois intrusifs », note-t-il, rappelant l’importance de respecter le travail de ces animaux.

« Le meilleur conseil, c’est de l’ignorer. Il travaille. »

Malgré tout, Michaël Morin insiste : son chien n’est pas une solution miracle, mais un partenaire essentiel.

« On est une équipe », conclut-il.

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