Économie

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PFR reconnue coupable d’ingérence dans les négociations

Serge Tremblay
Le 20 juillet 2023 — Modifié à 07 h 15 min
Par Serge Tremblay - Rédacteur en chef

Le Tribunal administratif du travail (TAT) a donné raison au Syndicat national des travailleuses et travailleurs des pâtes et papier d’Alma dans sa plainte pour ingérence contre Produits forestiers Résolu (PFR).

« Nous saluons cette décision et espérons que l’employeur comprendra le message. Nous ne trouverons pas d’issue à notre conflit si la partie patronale continue ce genre de manœuvre », explique le président du syndicat, Jean-Pierre Rivard.

La décision du TAT ordonne ainsi à Produits forestiers Résolu de ne plus communiquer avec les travailleuses et travailleurs de l’usine de papier d’Alma, en négociation de convention collective depuis février et en lock-out depuis une dizaine de jours.

Dans les dernières semaines, les cadres de l’usine ont commenté la négociation en cours auprès des salariés, posant ainsi une entrave aux activités du syndicat.

Négociation déloyale

Le syndicat a également porté plainte pour négociations de mauvaise foi. Celle-ci a toutefois été provisoirement rejetée par le TAT.

« On va prendre le temps d’évaluer la décision avant d’agir, on sait que ces plaintes sont particulièrement difficiles à prouver », explique Jean-Pierre Rivard.

Ce dernier déplore la décision de l’employeur d’avoir suspendu l’assurance collective, en plus de retenir les paies de vacances et d’empêcher les travailleurs de récupérer leurs effets personnels.

« Il essaie de nous couper les vivres par tous les moyens. Ils veulent que ça se règle vite. Ils veulent faire mal au monde.  Il coupe les vivres pour nous décourager, mais ça ne marchera pas. »

Jean-Pierre Rivard soutient que l’employeur était tenu de maintenir l’assurance collective pendant au moins trente jours à compter du début du lock-out.

« Quand l’employeur décide de toucher le portefeuille de ses employés, c’est aussi à leur famille qu’il fait mal et par ricochet, à toute une région. Ça aura des impacts sur l’ensemble des commerces de la région, qu’on prive de revenus cet été et ça, c’est odieux », décrit Manon Tremblay, présidente du Conseil central des syndicats nationaux du Saguenay–Lac-Saint-Jean–CSN.

Quitter le navire

D’ici à la résolution du conflit, les 224 travailleurs régis par la CSN doivent composer avec des revenus de 315 $ par semaine via leur fonds de grève. Plusieurs d’entre eux se sont tournés vers des emplois temporaires, tandis que certains autres ont donné leur démission.

Jean-Pierre Rivard soutient que « plus le lock-out va s’étirer, plus il va y avoir des départs ».

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