Économie

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Philanthropie en entreprise : L'importance de choisir ses causes

Le 18 novembre 2022 — Modifié à 15 h 58 min
Par Mélyna Girard

Par leur contribution monétaire ou celle de leurs employés, les entreprises peuvent jouer un rôle déterminant dans le financement de diverses fondations. Mais encore faut-il que l’employeur sache comment s’y prendre pour susciter la participation de ses employés.

Le Groupe LAR, au Lac-Saint-Jean, s’adonne à la philanthropie depuis déjà plusieurs années. C’est que selon son président-directeur général, Evans Thibault, « il est fondamental qu’une entreprise se choisisse des causes. C’est important d’intégrer une fibre philanthropique pour que les entreprises puissent redonner à la société. Car si on réussit bien, c’est aussi à cause de la société. »

Le choix de la cause, un facteur important

Toutefois, jusqu’en 2018, l’entreprise n’enregistrait qu’un faible taux de participation chez ses employés, soit environ 20%. Il est apparu que cette tendance n’était non pas attribuable à un manque de volonté des employés, mais bien à l’absence d’un sentiment d’appartenance envers la fondation et de la cause soutenue, explique Evans Thibault.

« Sans un sentiment d’appartenance des employés envers leur fondation, même si l’entreprise est de bonne foi, ça se traduit par une contribution qui n’est pas très forte. »

En vue de susciter une meilleure participation de son personnel, en 2018, le PDG du Groupe LAR a convié les porte-paroles des Fondations Les amis d’Émile et Vivre ma santé mentale, le docteur Charles Fournier et le psychiatre Luc Cossette, afin qu’ils exposent leur fondation et leur mission respective aux employés.

« J’avais préparé des documents d’adhésion, et après qu’ils ont eu terminé leur présentation, j’en ai manqué. Tous les employés ont sauté là-dessus et aujourd’hui, on a taux de participation de plus de 90%. »

Selon Evans Thibault, ce succès retentissant s’explique par le fait que ses employés « ont compris quels étaient les fondements de ces fondations-là. »

Il fait également valoir qu’une personne sur cinq au Québec sera affectée par un trouble mental au cours de sa vie, selon l’Institut national de santé publique du Québec.

« Quand tu as une entreprise de 250 employés, ça commence à en faire, des employés qui seront peut-être pris avec ça. Or, connaître la Fondation Vivre ma santé mentale, ça fait connaître les problèmes de santé mentale. Alors pour ceux qui viennent à en souffrir, c’est plus facile d’aller consulter parce qu’ils connaissent les symptômes. »

Assurer un suivi

Le taux de participation demeure pratiquement inchangé (environ 90%) quatre ans après que le Groupe LAR se soit affilié aux Fondations Les amis d’Émile et Vivre ma santé mentale.

Evans Thibault estime que cette assiduité provient du fait que les représentants des fondations effectuent un suivi annuel des réalisations permises par les cotisations des employés.

« Quand on fait un évènement, je fais venir le docteur Fournier et le docteur Cossette pour qu’ils fassent une mise à jour aux employés des contributions du Groupe LAR, et surtout de ce qu’elles ont permis de faire. Je crois que c’est parce que les gens voient concrètement à quoi leur argent a servi que le taux de participation demeure élevé. »

De plus, le montant des cotisations est à la discrétion des employés. Une liberté importante pour maintenir leur adhésion.

Les entreprises, des bailleurs de fonds incontournables

Par ailleurs, Evans Thibault affirme que les cotisations provenant d’une entreprise, de par leur récurrence, constituent une source de financement particulièrement importante pour les associations caritatives.

« Ce n’est pas la grosseur des montants qui comptent, c’est l’accumulation systématique de tous ces beaux petits montants-là qui est importante parce que ça permet aux fondations de se baser là-dessus pour faire des prévisions budgétaires et un plan financier. »

D’ailleurs, au Saguenay Lac-Saint-Jean, 55% des dons amassés par Centraide proviennent des campagnes menées en milieu de travail et 37% de dons corporatifs.

 

Le Cahier EntrePreneurs est une initiative de Trium Médias, en collaboration avec le journal Les Affaires. Dans les éditions trimestrielles (avril, juin, septembre et novembre) se trouveront des articles touchant directement les enjeux et défis du monde des affaires.

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