Le premier ministre canadien Mark Carney a effectué cette semaine une visite officielle à Beijing, marquant la première présence d'un premier ministre canadien en Chine depuis 2017.
Au cours de ce déplacement, il a rencontré le président chinois Xi Jinping, en compagnie duquel il a annoncé une déclaration commune posant les bases d’un nouveau partenariat stratégique entre le Canada et la Chine.
Au cœur de cette déclaration, les deux chefs d’État affirment vouloir intensifier leur coopération dans les secteurs de l’énergie, des technologies propres et de la compétitivité climatique.
« Lorsqu'elles sont optimales, les relations entre le Canada et la Chine offrent d'énormes possibilités à nos deux peuples. En tirant parti de nos forces et en nous concentrant sur le commerce, l'énergie, l'agroalimentaire et les domaines où nous pouvons réaliser d'énormes gains, nous établissons un nouveau partenariat stratégique qui s'appuie sur le meilleur de notre passé, reflète le monde tel qu'il est aujourd'hui et profite aux populations de nos deux pays. », a déclaré Mark Carney.
Véhicules électriques fabriqués en Chine
L’un des volets majeurs de ce nouveau partenariat concerne l’accès du marché canadien aux véhicules électriques fabriqués en Chine. Le Canada autorisera ainsi l’importation de 49 000 véhicules électriques provenant de Chine, lesquels seront soumis à un tarif de 6,1 %. D’ici cinq ans, plus de la moitié de ces véhicules devront être des modèles abordables, affichant un prix à l’importation inférieur à 35 000 dollars.
Le gouvernement fédéral estime que cette ouverture stimulera, d’ici trois ans, des investissements chinois dans des coentreprises au Canada, favorisera la création d’emplois dans le secteur automobile et contribuera au développement de la chaîne d’approvisionnement nationale en véhicules électriques.
Agroalimentaire et commerce
Sur le plan agroalimentaire, les deux dirigeants ont également conclu un accord préliminaire visant à éliminer plusieurs barrières commerciales et à réduire les droits de douane.
Le Canada prévoit notamment que la Chine abaissera, d’ici le 1er mars 2026, ses droits de douane sur les graines de canola à environ 15 %. La farine de canola, le homard, le crabe et les pois canadiens devraient aussi être exemptés de droits anti-discrimination à compter de cette date et au moins jusqu’à la fin de l’année 2026. D’autres obstacles commerciaux, touchants entre autres le bœuf et les aliments pour animaux de compagnie pourraient également disparaître.
Dans cette logique d’ouverture des marchés, Ottawa s’est fixé comme objectif d’augmenter de 50 % ses exportations vers la Chine d’ici 2030. Pour atteindre cette cible, les deux pays ont discuté d’un renforcement des investissements bilatéraux dans les domaines de l’énergie, des technologies propres, des produits du bois, de l’agroalimentaire et d’autres secteurs stratégiques.
Gouvernance mondiale
Un autre pilier de ce nouveau partenariat consistera à renforcer l’engagement du Canada à améliorer la gouvernance mondiale en collaboration avec la Chine. Les deux pays ont ainsi convenu d’avoir des relations plus étroites sur des enjeux tels que la compétitivité climatique et la stabilité financière.
De plus, les deux gouvernements souhaitent intensifier leur coopération en matière de sécurité publique. Les organismes canadiens et chinois chargés de l’application de la loi travailleront ainsi ensemble pour mieux lutter contre le trafic de stupéfiants, la criminalité transnationale, la cybercriminalité, les drogues synthétiques et le blanchiment d’argent.
Enfin, le Canada et la Chine se sont engagés à explorer de nouvelles avenues en matière d’échanges culturels. Ils envisagent notamment d’appuyer des musées, des artistes visuels et des créateurs de contenu numérique afin de renforcer les liens culturels et de favoriser les échanges touristiques. Dans cet esprit, Beijing a annoncé son intention d’instaurer une exemption de visa pour les voyageurs et voyageuses canadiennes.