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Démolition du restaurant Le Crapaud

La Société d’histoire du Lac-Saint-Jean espère qu’une autre avenue sera envisagée

Émile Boudreau
Le 07 novembre 2025 — Modifié à 14 h 06 min le 05 novembre 2025
Par Émile Boudreau - Journaliste

La potentielle démolition de l’édifice abritant Le Crapaud, répertorié comme élément d’intérêt patrimonial par la municipalité d’Alma, soulève aujourd’hui des questions sur sa valeur historique.

Depuis l’annonce de l’éventuelle destruction de ce bâtiment presque centenaire, la Société d’histoire du Lac-Saint-Jean a été interpellée par plusieurs citoyennes et citoyens inquiets cherchant à comprendre cette décision.

« Il y a beaucoup de gens qui se demandaient ce qu’allait faire la société d'histoire. », explique Anne-Julie Néron, directrice générale de la Société d’histoire du Lac-Saint-Jean.

Plusieurs citoyens auraient également signalé la situation à Action patrimoine, un organisme voué à la protection, à la promotion et à la mise en valeur du patrimoine bâti et des paysages culturels du Québec.

Des traits historiques à préserver

Selon la directrice générale, la mission de la Société d’histoire du Lac-Saint-Jean n’est pas de s’opposer à la démolition, mais plutôt de replacer le débat qui l’entoure dans son contexte historique.

« On trouvait que tout n'avait pas été dit sur ce bâtiment-là. », souligne Anne-Julie Néron. « Dans le discours des gens, on comprenait qu'il allait être démoli demain et que c'était un bâtiment qui était construit depuis 1982 », poursuit-elle.

Pour la Société d’histoire, ce bâtiment agit comme un repère visuel qui influence le paysage urbain du centre-ville par sa position géographique, son histoire et son architecture.

Malgré ses nombreuses transformations au fil des décennies, la Société d’histoire souligne que plusieurs éléments d’origine subsistent, notamment son plan au sol en forme de rectangle, son angle tronqué et sa toiture plate. D’autres détails architecturaux, comme le fronton, les fenêtres et les proportions des ouvertures rappellent encore aujourd’hui l’apparence initiale du bâtiment.

« Est-ce que c'est un bâtiment qui a une importance pour les citoyens? À notre avis, oui. Il fait vraiment partie de l'espace public du centre-ville. », affirme Anne-Julie Néron.

Rénover plutôt que démolir

Pour Anne-Julie Néron, la démolition des bâtiments patrimoniaux ne devrait pas être le réflexe premier.

« Démolir un bâtiment, souvent, c'est la solution la plus facile, mais c'est aussi beaucoup moins créatif, explique-t-elle. Quand on démolit un bâtiment, on efface tous ses souvenirs, alors que lorsqu’on le rénove ou qu’on change son usage, c’est une vie qui se poursuit », renchérit-elle.

Selon elle, il existe plusieurs solutions mitoyennes entre la conservation intégrale et la démolition qui permettraient de répondre aux besoins actuels du centre-ville.

« Il est possible de faire un agrandissement d'un bâtiment patrimonial. Il y a des règles pour ce faire, mais c'est possible. »

Le processus suit son cours

De son côté, la municipalité d’Alma assure que la demande de démolition suit actuellement son cours dans le cadre d’un processus administratif plus rigoureux qu’auparavant en raison des nouvelles exigences provinciales adoptées en 2021 encadrant la démolition de bâtiments anciens.

Conformément à ces nouvelles exigences, la Ville d’Alma doit se plier à de nouvelles règles relativement aux demandes de démolition pour les bâtiments construits avant 1940 qui, selon les critères du ministère de la Culture et des Communications, détiennent une valeur patrimoniale.

Ainsi, suivant une demande de démolition soumise au Comité consultatif d’urbanisme de la Ville, ce dernier formulera une recommandation au conseil municipal, qui devra trancher en fonction d’une série de critères, dont l’état du bâtiment, le coût de restauration, son histoire, sa contribution ainsi que sa préservation.

Si le conseil municipal décide d’autoriser la démolition, la résolution devra ensuite être transmise à la MRC de Lac-Saint-Jean-Est, qui disposera d’un délai de 90 jours pour s’opposer ou non à la décision de la Ville. En parallèle, un avis de démolition sera également transmis au gouvernement du Québec, qui aura lui aussi 90 jours pour se prononcer.

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