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Changements climatiques

Québec reporte à 2035 son objectif de réduction de GES

Le 23 janvier 2026 — Modifié à 13 h 44 min le 22 janvier 2026
Par Émile Boudreau - Journaliste

Le gouvernement du Québec a confirmé hier qu’il maintiendra sa cible de réduction des gaz à effet de serre (GES) de 37,5 % sous le niveau de 1990, mais qu’il repousse l’échéance de 2030 à 2035.

Québec soutient qu’un tel ajustement est nécessaire pour éviter d’importants risques économiques, dans un contexte international marqué par l’incertitude et les tensions commerciales.

Selon les données gouvernementales, la province a déjà réduit ses émissions de GES d’environ 20 % depuis 1990. Autrement dit, plus de la moitié du chemin vers l’objectif fixé a été parcouru en 35 ans, mais atteindre l’autre moitié en seulement cinq ans aurait exigé, selon Québec, un effort disproportionné.

« Agir pour le climat, c'est essentiel, mais il faut le faire de façon équilibrée et responsable. Maintenir une cible ambitieuse tout en ajustant le calendrier, c'est choisir une approche pragmatique qui protège à la fois l'environnement, notre économie et le gagne-pain des Québécois. Le Québec demeure pleinement engagé vers la carboneutralité en 2050. », a souligné Bernard Drainville.

Québec fait également valoir que plusieurs de ses partenaires économiques ont récemment revu à la baisse leurs ambitions climatiques pour attirer les investissements, dont les États-Unis, l’Ontario et la Colombie-Britannique.

Cependant, d’autres partenaires maintiennent toujours des cibles beaucoup plus ambitieuses que celles du Québec. C’est notamment le cas du Royaume-Uni qui vise une réduction de ses émissions de 81 % en 2035, de l'Union européenne qui vise 90 % de réduction en 2040 ainsi que de la Californie qui vise la carboneutralité dès 2045.

Un choix contraire aux recommandations d’experts

De son côté, le Comité consultatif sur les changements climatiques dit avoir pris acte de la décision du gouvernement, tout en rappelant qu’il recommandait, au contraire, de maintenir une trajectoire compatible avec l’objectif de l’Accord de Paris, soit limiter la hausse mondiale de la température le plus près possible de 1,5 °C.

« Un report de la cible climatique ne diminue pas l'ampleur de l'effort à fournir pour décarboner notre société, il concentre les réductions d'émissions sur une période ultérieure plus courte, ce qui augmente les défis techniques, économiques et sociaux à moyen et à long terme. », ont déclaré les membres du Comité.

Vives critiques de l’opposition

Pour Désirée McGraw, porte-parole de l’opposition officielle en matière de lutte contre les changements climatiques, le gouvernement fait fausse route. Selon elle, repousser l’échéance de cinq ans relève davantage « de l’insouciance que de la prudence ».

« Repousser ces cibles, c'est retarder l'inévitable, augmenter les coûts futurs et envoyer un mauvais signal aux entreprises, aux investisseurs et aux jeunes générations. Ceci représente une rupture avec l'orientation des gouvernements antérieurs, notamment libéraux, qui ont mis en place le marché du carbone et ainsi positionné le Québec comme chef de file mondial en matière climatique. », a-t-elle indiqué dans un communiqué de presse.

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