Économie

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Assemblée générale annuelle des Producteurs de lait du Saguenay-Lac-Saint-Jean

De bonnes et de moins bonnes nouvelles pour les producteurs laitiers

Yohann Harvey Simard
Le 13 mars 2026 — Modifié à 16 h 00 min
Par Yohann Harvey Simard - Journaliste de l'Initiative de journalisme local

Les producteurs de lait de la région se sont réunis cette semaine, à Saint-Gédéon, à l’occasion de leur assemblée générale annuelle. Plusieurs points étaient à l’ordre du jour, en passant par la renégociation de L'Accord Canada–États-Unis–Mexique (ACEUM) et la menace qu’elle fait planer au-dessus des producteurs laitiers, l’augmentation des prix, tant sur le plan de la production que pour le consommateur ainsi que la relève des fermes laitières.

Selon le président des Producteurs de lait du Québec, Daniel Gobeil, la renégociation l’ACEUM prévue en août 2026 suscite des craintes chez les producteurs, qui espèrent que le gouvernement fédéral ne sacrifie pas à nouveau certaines dispositions de la loi sur la gestion de l’offre.

« Ça fait trois accords [pas toujours l’ACEUM] dans lesquels des concessions sont faites dans le secteur laitier. On a notamment été jeté en pâture par rapport aux fromages européens, et depuis 2020, on a vu les importations américaines [de produits laitiers] augmenter de 107 % au Canada. Donc, conclut Daniel Gobeil, « les accords ont fait mal. On ne peut vraiment plus se permettre d’abandonner d’autres parts de marché. Notre croissance reste toujours entre 1,5 % et 2 %, mais on a besoin d’une croissance du marché pour composer avec l’inflation des différents coûts. »

De plus, au courant des dernières années, un grand nombre de fermes laitières ont dû investir dans leurs installations afin qu’elles répondent aux plus récentes normes du @Ri:Code de pratiques pour le soin et la manipulation des bovins laitiers@Ri, mis à jour en 2024.

Quoi qu’il en soit, Daniel Gobeil demeure optimiste pour le moment. Il souligne que l’industrie laitière jouit d’une « d’une très bonne écoute » de la part du gouvernement Carney et que les différents ministères rencontrés se sont faits « rassurants » jusqu’à maintenant. Il rappelle cependant que contrairement à ceux des États-Unis, les producteurs laitiers canadiens ne profitent d’aucune subvention et qu’il serait donc normal qu’ils ne perdent minimalement pas leurs acquis à l’issue de la prochaine renégociation de l’ACEUM.

Au Canada, exception faite du Manitoba, le prix du lait à la ferme a augmenté de 2,375 % en février dernier sous l'effet combiné de l'inflation et des coûts de production. Cette hausse, bien que modérée selon des experts, s’est répercutée sur le prix du lait, du beurre et sur celui du yogourt à l’épicerie. Chez certains détaillants, la majoration du prix des produits laitiers a excédé la hausse de 2,375 %, atteignant jusqu’à 3 %.

Popularité des protéines

Sur une note plus positive, Daniel Gobeil affirme que les produits laitiers profitent actuellement d’un engouement pour les aliments protéinés. Au cours de la dernière, cette tendance s’est traduite par une croissance considérable de la vente de certains produits, comme le lait enrichi (8 %), le fromage cottage et le yogourt grec et enrichi (18 %).  

« C’est une très bonne nouvelle pour nous, mais aussi pour le consommateur puisque notre protéine n’est pas dispendieuse, elle est recherchée et elle est d’une très grande qualité. »

Lors de l’assemblée générale, les producteurs ont d’ailleurs été conseillés quant aux façons d’augmenter la proportion de protéines dans leur lait et d’ainsi correspondre davantage à la demande du marché. « Ça peut se faire par la génétique des vaches ou encore par leur alimentation », résume Daniel Gobeil.

Les difficultés de la relève

La question de la relève de l’industrie laitière et des difficultés qui s’y rattachent a également occupé les discussions. Selon Daniel Gobeil, il est encore vrai que plusieurs producteurs peinent à se trouver des remplaçants à l’approche de leur retraite.

« Quand il y a des membres de la famille qui veulent reprendre la ferme, ça va quand même bien. Ce qu’on veut, c’est surtout que les gouvernements donnent plus d’aide, que ce soit par des crédits d’impôt ou par des allègements fiscaux, aux personnes qui ne sont pas liées aux entreprises et qui voudraient les reprendre. En ce moment, les propriétaires qui souhaitent transférer leur entreprise sont souvent pénalisés et même avantagés fiscalement de démanteler. »

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