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Temps de lecture : 2 min 31 s

Interdiction des cellulaires dans les écoles

Une expérience concluante et positive au P.W.D.

Yohann Harvey Simard
Le 29 janvier 2026 — Modifié à 13 h 25 min
Par Yohann Harvey Simard - Journaliste de l'Initiative de journalisme local

L’interdiction des téléphones cellulaires dans les écoles primaires et secondaires du Québec semble avoir son lot de bienfaits sur plusieurs élèves du Pavillon Wilbrod-Dufour, qui disent notamment avoir remarqué une amélioration de leurs relations interpersonnelles.

En effet, cinq adolescentes fréquentant l’école secondaire d’Alma affirment que les interactions entre les élèves sont non seulement plus nombreuses, mais aussi plus significatives depuis l’interdiction des portables.

« Oui, il y a du monde qui capotait un peu à l’idée de ne plus avoir leur téléphone. Mais moi, j’y vois plus de positif que de négatif. Maintenant, on dirait qu’on jase pour de vrai avec nos amis », affirme l’une d’entre elles.

« On a plus de conversations, renchérit une autre, et des conversations intéressantes, pas inutiles comme “as-tu vu ça sur TikTok”. On se parle de choses importantes dans la vie, du genre “tu veux faire quoi plus tard? Est-ce que ça a bien été à l’examen?”. »

Un retour à la « normale »?

À l’ère des cellulaires, se souvient une élève, « quand tu te levais la tête à la cafétéria, tu voyais que la majorité des gens étaient sur leur téléphone et ne se parlaient même pas. »

Mais alors que l’attention des élèves n’est plus absorbée par un écran, certaines dynamiques sociales considérées typiques il y a une quinzaine d’années, mais qui tendaient à disparaître depuis l’arrivée des téléphones, semblent resurgir.

Léa-Rose Boily donne l’exemple « d’une grosse gang de secondaires 5, des gars. Des fois, ils sont plus excités et ils déclenchent des bagarres. Disons que ça se chamaille un peu plus qu’avant! »

Maintenant, si toute forme de violence reste évidemment condamnable — qui plus est entre les murs d’une école — la bagarre, à l’intérieur de certaines limites, ne demeure-t-elle pas une forme de socialisation, et le chamaillage, une forme de langage? Quoi qu’il en soit, les adolescentes sont unanimes : « il y a plus de vie dans l’école », et cela leur plaît.

Par ailleurs, le technicien en loisirs Jean-Philip Fortin souligne que les cas de débordements demeurent excessivement rares. « Ça se gère bien, dit-il. Ils [les élèves] font bien ça. »

Des jeunes plus impliqués

Les adolescentes ont observé une autre manifestation positive liée au retrait des téléphones : un plus grand nombre d’élèves s’adonnent aux activités parascolaires.

« Il y a beaucoup plus de personnes qui font du parascolaire, ce qui est bien en tant que tel, mais ça a aussi fait en sorte qu’on ait plus d’activités en général. Et moi, personnellement, je trouve que faire des activités extrascolaires, ça aide à l’école parce que pendant ce temps-là, tu décroches, tu vas ailleurs, tu penses à d’autres choses. »

D’ailleurs, c’est précisément dans le but de tenir les élèves occupés maintenant qu’ils n’ont plus accès à leur téléphone que le département des loisirs du Pavillon Wilbrod-Dufour a décidé de lancer son projet intergénérationnel.

Depuis novembre dernier, à concurrence de deux fois par mois, un groupe d’élèves se rend à la résidence Saint-Jude sur l’heure du midi afin d’y animer des activités favorisant les relations entre jeunes et moins jeunes. Une conséquence directe du retrait des téléphones dans les écoles.

Rappelons que l’interdiction des portables dans les écoles est une mesure que le gouvernement du Québec a adoptée sur la base de recommandations émises par une commission spéciale formée d’élus de tous les partis politiques de la province. Au cours de la dernière année, ces élus ont rencontré plusieurs centaines d’experts, d’élèves et de citoyens pour en apprendre plus sur les impacts des écrans chez les jeunes.

La mesure vise principalement à réduire les distractions de sorte à améliorer la concentration et les apprentissages, à favoriser la socialisation en personne et à protéger la santé mentale et physique des élèves en réduisant la surcharge cognitive et le cyberharcèlement.

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