Accompagnés de représentantes du mouvement Le communautaire à boutte, le porte-parole de Québec solidaire, Sol Zanetti, et le député Étienne Grandmont ont interpellé la personne appelée à succéder à François Legault à la tête du gouvernement du Québec. Les deux élus demandent un changement de cap et une collaboration directe avec le milieu communautaire québécois.
Selon eux, l’épuisement des organismes communautaires est directement lié à un sous-financement chronique. Une réalité qui, affirment-ils, pourrait devenir un véritable enjeu humanitaire et féministe, rappelant que près de 80 % des personnes travaillant dans le milieu communautaire sont des femmes.
« Derrière chaque travailleuse du communautaire se trouvent des personnes vulnérables, qui ont besoin d'elles pour échapper à la violence de la rue, au froid et à la faim. Protéger les femmes, c'est aussi leur permettre de continuer à bâtir notre filet social sans devoir se plonger dans des situations de précarité par manque de financement. », a dénoncé Sol Zanetti, porte-parole de Québec solidaire.
Les élus solidaires estiment que, malgré leur rôle central au sein de la société québécoise, les groupes communautaires n’ont jamais vu leurs besoins autant augmenter sans que le financement suive. Pour Étienne Grandmont, la fin annoncée de « l’ère Legault » doit marquer un tournant dans la relation entre l’État et ces organismes.
« Il est temps de tourner la page sur les années d’indifférence, voire de mépris, caquiste à la mission essentielle du communautaire. Peu importe le résultat de sa course à la chefferie, la CAQ n’aura que quelques mois pour reconstruire les ponts avec le communautaire. », a-t-il affirmé.
Étienne Grandmont voit également dans le mouvement Le communautaire à boutte un avertissement clair que « le verre est sur le point de déborder » et l’heure n’est plus à la tergiversation pour réparer le filet social.
Deux semaines de grève
La date d’aujourd’hui marque par ailleurs la fin de deux semaines de grève pour des milliers de travailleuses et travailleurs du communautaire partout au Québec. Une pause qui ne signifie toutefois pas la fin de la mobilisation, prévient Caroline Chartier, co‑porte-parole du mouvement.
« Tant que nous n’aurons pas obtenu des engagements clairs, concrets et à la hauteur de la situation, nous allons continuer d’avancer, de nous mobiliser et de déranger. Ce n’est pas un au revoir, c’est un avertissement. », a-t-elle conclu.