Samedi, 13 juillet 2024

Chroniques

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Des logements pour relancer les centres-villes

Mélissa Tremblay
Le 25 août 2023 — Modifié à 08 h 23 min le 25 août 2023
Par Mélissa Tremblay - Coordonnatrice numérique

L’utilisation du « les », dans le titre n’est pas anodine. Car la Ville de Saguenay n’est, ni plus ni moins, qu’une confédération de municipalités distinctes forcées de se fusionner en 2002. Chaque localité a son histoire, son urbanisme, son centre-ville. Il y a ainsi non pas un, mais 5 pôles dans la municipalité : Chicoutimi, La Baie, Jonquière, Kénogami et Arvida. Et plus que jamais, la Ville doit se pencher sur la relance de ses centres-villes, désormais boudés par les citoyens et les touristes, faute d’attractions, d’animation, de verdure, de services.

D’abord un constat s’impose, l’abandon des centres-villes n’est pas un problème local. Toutes les villes au Québec, au Canada, et même ailleurs, font face à une désertion plus ou moins considérable de leurs principales artères autrefois fréquentées par les citoyens. Ces lieux ont dépéri en trois décennies. Il n’y a pas si longtemps, la rue Racine, la St-Do à Jonquière, la rue Sacré-Coeur à Alma, le boulevard Saint-Joseph à Roberval et le boulevard Wallberg à Dolbeau étaient bondées.

Des commerces y florissaient, il y avait des bureaux de professionnels, des restos, il y avait aussi, faut-il le rappeler, une faune de jeunes beaucoup plus considérable qu’aujourd’hui, les membres des générations des Boomers et des X s’y rencontraient dans les bars pour sortir, danser, manger et flirter. C’était une époque sans internet, ni courriel, ni clavardage. Le centre-ville était le réseau social. Le Facebook d’antan. Il fallait obligatoirement s’y rendre pour y faire des rencontres. Il suffit de regarder les photos d’époque pour se rendre compte de l’affluence des gens dans les centres-villes.

Mais arrêtons là la nostalgie. La solution pour relancer les centres-villes n’est pas de revenir en arrière. Le modèle des années 60, 70 et 80 est révolu. Ai-je besoin de rajouter que la pandémie a peut-être aussi rendu les gens un peu plus frileux. Mais il me semble y avoir actuellement une convergence de circonstances plaidant en faveur d’actions concrètes pour relancer les centres-villes. Il ne faut pas avoir peur de rebrasser les cartes.

D’abord, il y a pénurie de logements abordables, mais d’un même souffle il y beaucoup de locaux vides dans les commerces et les immeubles à bureaux. Il y a là des pieds carrés de disponibles, notamment en raison de la réduction du nombre d’employés dans les bureaux, conséquence du phénomène du télétravail. Pourquoi ne pas miser sur une conversion des immeubles commerciaux en logements résidentiels, encouragée par des incitatifs financiers de la Ville, sous forme de subventions à la rénovation, comme cela existe pour les immeubles patrimoniaux ?

Dans les grandes villes nord-américaines, il n’est pas rare de voir un rez-de-chaussée commercial avec des étages résidentiels. Bien des immeubles sur la Racine pourraient ainsi être reconvertis. Je pourrais aussi citer la St-Do. Étrangement, le Carré Davis a des années d’avance. Ce mignon petit carrefour a su profiter de l’arrivée de nouvelles infrastructures, comme la présence récente de Revenu Québec, mais le quartier a surtout su conserver et miser sur son cachet historique. Dans la ville voisine, je pourrais aussi citer les Plazas d’Alma, entre Sacré-Coeur et Collard qui font pitié à voir ces jours-ci.

De jeunes immigrants cognent à nos portes, ils sont prêts à venir s’installer chez nous mais n’ont pas de toit. Ne pensez-vous pas qu’ils aimeraient habiter les centres-villes de leur nouvelle région d’adoption ? Ça serait parfait pour eux. Amenez du monde demeurer au centre-ville et vous verrez des gens dans les rues et dans les commerces. Les centres-villes ont perdu la bataille face aux Costco, Walmart, face aux centres d’achat et face au commerce en ligne. Ils doivent offrir autre chose pour être attractifs. Il y a certes encore de beaux commerces de service dans nos centres-villes, mais on a constaté récemment qu’ils sont fragiles.

Il me semble qu’un vaste chantier visant l’aménagement de nouveaux appartements serait une des solutions pour revamper ces secteurs, devenus des patates chaudes pour les municipalités. Après, elles pourront penser à aménager des zones piétonnières, des pistes cyclables, puis planter des arbres. D’abord, il faut ramener le monde.

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