Économie

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Tarification carbone

Les producteurs de grains exigent une exemption pour le milieu agricole

Émile Boudreau
Le 24 février 2026 — Modifié à 10 h 27 min
Par Émile Boudreau - Journaliste

À l’approche du dévoilement des résultats de la 46e vente aux enchères du marché du carbone QuébecCalifornie, prévu ce mercredi, les Producteurs de grains du Québec (PGQ) lancent un appel direct à l’ensemble de la classe politique québécoise.

« Les producteurs de grains québécois en ont assez : la tarification carbone entraîne des conséquences financières importantes pour nos entreprises, puisque nous devons absorber des coûts que nous ne pouvons ni éviter ni réduire avec les technologies actuellement disponibles. », a lancé le président des Producteurs de grains du Québec, Sylvain Pion, qui estime que les producteurs se font imposer des coûts sans recevoir les outils adéquats. Une situation qu’il qualifie d’« inéquitable » et d’« inefficace ».

Les PGQ demandent aux partis politiques de reconnaître cette « injustice » qui, selon eux, compromet la compétitivité des exploitations agricoles québécoises. L’organisation presse aussi les élus et les candidats à s’engager à rectifier rapidement le tir en éliminant et remboursant la tarification carbone imposée au secteur agricole.

Un frein aux investissements climatiques

Les PGQ soutiennent que la tarification carbone frappe particulièrement fort les entreprises de grandes cultures. Ils estiment que les producteurs de grains ont versé plus de 150 millions de dollars au Fonds d’électrification et de changements climatiques (FECC) au cours des dernières années, soit près de 30 % des contributions agricoles, alors que moins de 2 % des investissements climatiques du FECC leur ont été retournés.

Pour l’organisation, ce déséquilibre financier réduit significativement la capacité des producteurs à investir dans des projets destinés à renforcer la résilience du secteur face aux impacts croissants des changements climatiques.

« Nous sommes parmi les plus exposés aux impacts climatiques, mais parmi les moins soutenus. Nous finançons massivement le FECC sans accéder aux moyens nécessaires pour réduire nos émissions ou améliorer notre résilience. », a résumé Sylvain Pion.

Celui-ci déplore également que malgré les annonces faites au courant des dernières années, les fonds tardent à se matérialiser et demeurent largement insuffisants par rapport aux montants versés depuis 2015.

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