Économie

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Attentes face à l’emploi

Un fossé persiste entre les PME et les jeunes chercheurs d’emploi

Émile Boudreau
Le 22 mai 2026 — Modifié à 10 h 23 min
Par Émile Boudreau - Journaliste

Un nouveau rapport de la Fédération canadienne de l’entreprise indépendante (FCEI) met en lumière un décalage entre les besoins des petites et moyennes entreprises (PME) et les attentes des jeunes à la recherche d’un emploi.

Selon la FCEI, ces divergences se manifestent à toutes les étapes du processus d’embauche, notamment concernant les attentes, les postes que les jeunes sont prêts à occuper et les compétences recherchées, contribue à un taux de chômage élevé chez les jeunes.

D’abord, les méthodes de recrutement diffèrent fortement. Ainsi, 62 % des propriétaires de PME privilégient leurs réseaux personnels pour trouver des candidats, misant sur la crédibilité associée aux recommandations. À l’inverse, 73 % des jeunes recherchent principalement un emploi sur des sites Web spécialisés, et seulement la moitié d’entre eux utilisent leurs contacts personnels.

Quant aux programmes d’alternance travail-études et de stages, s’ils sont utilisés par 25 % des jeunes, ils ne le sont que par une PME sur cinq. Ce décalage fait en sorte que l’offre et la demande ne se satisfont tout simplement pas.

Au-delà des méthodes d’embauche, les attentes elles-mêmes divergent. Les dirigeants de PME accordent une importance primordiale aux compétences générales, valorisant l’attitude positive (91 %), la motivation (84 %) et le professionnalisme (76 %) bien davantage que les diplômes ou l’expérience. Ces qualités sont particulièrement recherchées dans les secteurs des services, des métiers spécialisés ou encore dans les emplois physiquement exigeants.

Or, ces postes sont précisément ceux que de nombreux jeunes hésitent à occuper. Près de la moitié refusent de considérer des emplois impliquant des efforts physiques importants ou des quarts de nuit, tandis que près de deux sur cinq ne souhaitent pas travailler à l’extérieur.

« Nous avons actuellement deux groupes, les employeurs et les jeunes en recherche d'emploi, qui sont de plus en plus en décalage. », explique Bérengère Fouqueray, analyste de la recherche à la FCEI. « La réalité, c’est qu’il existe des emplois que les jeunes Canadiens ne veulent pas, ne peuvent pas ou ne sont pas prêts à occuper », ajoute-t-elle.

Le contexte économique vient également compliquer la situation. Les PME se montrent désormais plus prudentes face à l’embauche de travailleurs sans expérience, ce qui limite encore davantage les opportunités pour les jeunes.

Par ailleurs, plus des deux tiers des entrepreneurs ignorent l’existence des programmes gouvernementaux d’aide à l’embauche. Lorsqu’ils en ont connaissance, ils les jugent souvent mal adaptés à leur réalité en raison de démarches administratives lourdes et des délais.

Face à ce constat, la FCEI appelle les gouvernements à agir. Elle recommande notamment une réduction des taxes sur la masse salariale, la mise en place de crédits d’impôt remboursables permanents pour favoriser l’embauche de jeunes en alternance travail-études et en stage, ainsi qu’une simplification des programmes existants, comme Emplois d’été Canada.

Québec élabore un programme

Dans un contexte, le gouvernement du Québec a mis de l’avant une nouvelle initiative intitulée « Un premier emploi pour toi ! ». Dotée d’un budget pouvant atteindre 10 millions de dollars, cette mesure vise à créer un pont entre les employeurs et la nouvelle génération de travailleuses et travailleurs.

Le programme s’adresse principalement aux PME ainsi qu’aux organismes à but non lucratif (OBNL), qui pourront bénéficier d’un soutien financier pour embaucher de jeunes diplômés âgés de 16 à 30 ans. Pour être admissibles, ces derniers doivent avoir obtenu, entre le 1er avril 2025 et le 31 décembre 2026, un diplôme ou une attestation en formation professionnelle, en études collégiales techniques ou encore un diplôme ou un certificat universitaire de premier cycle.

La mesure se traduit en une subvention salariale pouvant couvrir jusqu’à 50 % du salaire brut, pour un maximum équivalant au salaire minimum, pendant une période de 16 semaines. Dans le cas des OBNL, l’aide peut atteindre 100 % du salaire, toujours jusqu’à concurrence du salaire minimum.

Au-delà du soutien financier, la mesure prévoit également un volet d’accompagnement personnalisé. Des organismes spécialisés en employabilité seront mobilisés afin d’aider les jeunes à s’intégrer en milieu de travail et à y demeurer. Le programme prévoit aussi, au besoin, le remboursement des honoraires d’une personne accompagnant le nouvel employé.

En 2025, le taux de chômage chez les jeunes québécois âgés de 15 à 29 ans s’établissait à 8,2 %, comparativement à une moyenne globale de 5,6 % dans la province. Bien que ce taux soit supérieur à celui de l’ensemble de la population active, le Québec se distingue néanmoins comme la province affichant le plus faible taux de chômage chez les jeunes au pays, alors que la moyenne canadienne atteignait 11,2 %.

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