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Mariage ou maison

Les couples canadiens et québécois revoient leurs priorités

Le 22 mai 2026 à 16 h 00
Par Émile Boudreau - Journaliste

Face à la hausse du coût de la vie, de plus en plus de Canadiens et de Québécois semblent prêts à repenser les grandes étapes de leur vie de couple. Selon un récent sondage de Royal LePage, une majorité d’entre eux envisagent désormais de sacrifier un mariage coûteux au profit de l’achat d’une propriété.

À l’échelle du pays, la tendance est nette : parmi les personnes qui planifient un mariage ou qui ont un proche dans cette situation, 79 % affirment qu’ils demanderaient de l’argent pour une mise de fonds plutôt que des cadeaux traditionnels. Au Québec, ce taux atteint 69 %.

Le regard rétrospectif des couples canadiens déjà mariés confirme ce virage. Plus de la moitié (57 %) disent aujourd’hui qu’ils auraient préféré demander une contribution financière pour l’achat d’une maison, tandis que seulement 10 % indiquent avoir effectivement fait ce choix au moment de leur union. Au Québec, parmi les répondants déjà mariés, 53 % affirment qu'ils auraient aimé demander de l'argent et 5 % déclarent l’avoir fait.

« Il n'y a pas de réponse unique à la question "mariage ou maison ?". Chaque couple a sa propre réalité et chacun aborde ces étapes marquantes de la vie à sa façon. Cependant, la hausse du coût de la vie, qui va bien au-delà du logement, amène de nombreux Canadiens à réévaluer la manière dont ils hiérarchisent les grandes célébrations et leurs objectifs financiers à long terme. », a déclaré Anne-Elise Cugliari Allegritti, vice-présidente de la recherche et des communications chez Royal LePage.

Ce dilemme se traduit clairement dans les réponses au sondage alors que 46 % des Canadiens et 40 % des Québécois affirment qu’ils renonceraient à un mariage, ou en réduiraient fortement l’ampleur, afin de consacrer ces sommes à une mise de fonds. Chez les couples déjà mariés, 55 % des Canadiens et 40% des Québécois affirment qu’ils feraient aujourd’hui ce choix s’ils avaient à le refaire.

« Autrefois, la tradition voulait peut-être que l'on se marie d'abord, puis que l'on signe un prêt hypothécaire. Aujourd'hui, de nombreux couples doivent jongler entre le désir d'un mariage unique et la nécessité de bâtir un patrimoine immobilier pour sécuriser leur avenir financier. Pour une grande partie d'entre eux, cela signifie donner la priorité au marché immobilier avant de se marier. Ils sont d'ailleurs nombreux à reconnaître que, si un mariage est un bel événement d'un ou deux jours, une maison reste un investissement pour la vie. », a-t-elle ajouté.

Le Québec se distingue

Au Québec, l’achat d'une propriété a officiellement remplacé le mariage comme premier engagement sérieux du couple, note Royal LePage.

« Aujourd'hui, la priorité est claire : on sécurise son avenir financier par l'immobilier tôt dans la relation, et on garde la célébration pour plus tard, le patrimoine immobilier étant devenu le véritable socle sur lequel on bâtit sa vie de famille. », note Julien Jacoby-Boissy, courtier immobilier résidentiel chez Royal LePage.

Les Québécois se distinguent également sur ce dilemme puisque, par rapport au reste du Canada, ils sont les moins susceptibles d'être mariés et les moins susceptibles d'être propriétaires.

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