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La fermeture de la machine #9 condamne 85 emplois

Le 06 mars 2015 — Modifié à 00 h 00 min le 06 mars 2015
Par Karine Desrosiers

FERMETURE. Les citoyens d'Alma, de Lac-St-Jean-Est et de toute la région accueillent comme un véritable coup de masse dans le front l'annonce de la fermeture de la machine à papier #9 à l'Usine Alma de Produits forestiers Résolu. Prévue pour le 1er avril, cette fermeture entraînera la perte directe de 85 postes qu'il sera difficile de contrer par l'attrition ou des mises à la retraite.

Dans un communiqué de presse émis vers 16 h 30, ce jeudi, Produits forestiers Résolu Inc. a annoncé la fermeture permanente de la machine à papier no 9 de son usine d'Alma, ce qui représente une réduction de la capacité annuelle de production de papier pour usages spéciaux de 75 000 tonnes métriques.

La décision de Résolu de réduire sa capacité est reliée à la faiblesse du marché, exacerbée par les problèmes liés au coût de la fibre au Québec, ainsi qu'aux campagnes de désinformation de Greenpeace et d'autres activistes environnementaux.

« Les attaques mal fondées de Greenpeace dénaturent les pratiques d'aménagement forestier de la Société et remettent en question de manière injustifiée la conformité de Résolu à la Loi sur l'aménagement durable du territoire forestier du Québec, ainsi que son leadership en matière de développement durable. Le régime d'aménagement forestier du Québec compte parmi les meilleurs du monde, et le gouvernement du Québec veille à le faire respecter rigoureusement. Ce régime mérite d'être respecté et défendu, et nous demandons au gouvernement du Québec de continuer de se porter à la défense de leurs normes ainsi que de réfuter ces attaques injustifiées et non fondées », soutient Richard Garneau, président et chef de la direction de Résolu.

Cette façon de faire de Greenpeace est d'ailleurs dénoncée de plus en plus fortement par l'ensemble de la communauté.

« Ces campagnes de désinformation ont des répercussions sur Résolu et sur la vie des gens, car elles fragilisent davantage l'industrie entraînant des impacts socioéconomiques pour les communautés qui dépendent de la forêt boréale pour leur subsistance », ajoute Richard Garneau.

L'usine d'Alma compte environ 345 employés et a une capacité de production annuelle de 350 000 tonnes métriques de papier pour usages spéciaux, répartie sur trois machines.

La machine no 9 fermera définitivement au début du mois d'avril. L'arrêt de cette machine entraînera la perte d'environ 85 emplois et la réduction permanente d'une capacité de production d'environ 75 000 tonnes métriques.

Déjà, en 2013, l'usine avait dû faire face à une coupure de quelque 112 postes que l'on avait réussi à résorber via des mises à la retraite.

Cette fois-ci, même le président du Syndicat des pâtes et papier de l'Usine Alma, Jean-Pierre Lebel, pense qu'il sera difficile de continuer à piger dans la banque des mises à la retraite et il semble inévitable que de plus jeunes employés perdront leur emploi une fois le processus de supplantation opéré.

PFR entend d'ailleurs travailler avec les représentants syndicaux et le gouvernement afin de répondre aux besoins des employés touchés. La direction locale entend s'assurer que les employés touchés obtiennent le soutien nécessaire, que les conditions prévues à cet égard dans les conventions collectives soient respectées et que le plus d'employés possible, le cas échéant, soient réaffectés dans d'autres installations de la Société.

Réactions

Le maire d'Alma, Marc Asselin, en mission économique en France avec le premier ministre Philippe Couillard, n'a pas caché sa déception dans les quelques entretiens qu'il a donné par téléphone à partir de Bordeaux.

Notamment, le maire Asselin monte le ton en qualifiant de « terroristes » les gestes posés par Greenpeace.

Il est bien placé en ce domaine car Marc Asselin a travaillé quelque 32 ans à l'Usine Alma, notamment au service de protection de l'environnement de l'usine et connait donc bien les énergies et sommes investie par la compagnie pour réduire sa trace environnementale.

Le maire Asselin sera de retour samedi à Alma. On peut penser que dès le début de la semaine, le Comité socioéconomique de l'Usine Alma sera convoqué afin d'analyser la situation et envisager la suite des choses.

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