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L’ensemencent impossible au Lac-Saint-Jean

Yohann Harvey Simard
Le 22 juin 2022 — Modifié à 09 h 17 min
Par Yohann Harvey Simard - Journaliste de l'Initiative de journalisme local

Les producteurs agricoles du Lac-Saint-Jean craignent le pire alors que la pluie ne cesse de s’abattre sur la région. En date du 14 juin, seulement une fraction d’entre eux ont été en mesure de faire leur ensemencement, les terres étant gorgées d’eau comme jamais auparavant.

Entre les averses répétées, les orages et, plus récemment, la grêle dans le haut du lac, « les aléas de dame nature nous mènent la vie dure ce printemps. C’est préoccupant », résume Mario Théberge, président de l’Union des producteurs agricoles Saguenay-Lac-Saint-Jean (UPA SLSJ).

Rappelant d’une part que « les légumes, ça ne pousse pas dans l’eau, ça pourrit! », il ajoute que la forte présence d’eau dans les champs les rend impraticables pour la machinerie.

Selon les estimations de la Financière agricole du Québec, seulement 20% des superficies de production ont pu être ensemencés au Saguenay-Lac-Saint-Jean jusqu’à présent. « Du jamais vu », indique Mario Théberge.

« Ma mère a plus de 80 ans. Elle a été élevée sur une ferme. Elle a toujours vécu de l’agriculture. Et elle m'a dit qu’elle n’avait jamais vu ça, qu’on n’avait jamais dépassé le 5 juin. »

Ainsi, c’est à un combat contre la montre que sont maintenant livrés les agriculteurs.

« La date limite pour semer du maïs, c’est le 1er juin. Ça, c’est passé. Le blé, on avait mis ça au 10. C’est passé aussi. On ne peut plus en semer parce qu’on ne sera plus assurables. Même chose pour le soya. Il va rester l’avoine et l’orge, pour lesquelles on peut aller jusqu’au 20 juin. »

Optimiste malgré tout, Mario Théberge précise que les précipitations abondantes ont été favorables à la pousse du foin, et que « si on est capables de semer à partir de demain, on va être en retard, mais on va être capables de tout semer. »

Pertes

Quoi qu’il en soit, le président de l’UPA SLSL dit appréhender de « grosses pertes financières » pour l’industrie agricole.

D’autant que cette année, les producteurs ont pu établir des contrats à prix fort pour leurs récoltes en raison de la pénurie de céréales, conséquence de la guerre en Ukraine, notamment.

« Je n’avais jamais vu des producteurs aussi animés au début du printemps. Mais un contrat, ça marche des deux bords. Les producteurs n’ont pas le choix de le respecter, et là, ils n’ont pas de grains dans la terre. »

Si bien que plusieurs cultivateurs craignent maintenant de devoir payer des « centaines de milliers de dollars » en compensation à leurs acheteurs.

 

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