C’est presque comme si le quartier des Fondatrices était né par génération spontanée. En à peine deux ans et demi, le secteur d’Alma autrefois recouvert de forêt est devenu un développement résidentiel d’environ 70 unités d’habitation.
Résidences unifamiliales, jumelés, immeubles à logements, on retrouve de tout dans le quartier qui longe la route du Lac est, à proximité du magasin Rona. La première phase du développement devrait accueillir 125 ménages d’ici la fin de l'année et 170 d’ici 2028.
Au moins deux autres phases sont dans les cartons. La deuxième consisterait à étendre le quartier vers l’ouest en direction du magasin Rona, tandis que le quartier des Fondatrices pourrait être raccordé à celui de Château d’eau dans le cadre d’une troisième phase.
« Le but est que la première phase déboule sur d’autres et que les phases subséquentes se lient au tissu urbain, c’est-à-dire sans nuire à ce qui est déjà en place. Il faudra aussi s’assurer de respecter différents prérequis de la Ville et s’ajuster à la demande du marché », affirme Matthieu Bergeron, le promoteur à l’origine du développement avec son entreprise Lionnare.
Des parcs et des espaces communautaires devraient également être aménagés en cours de route.
Un projet par et pour la collectivité
Rappelons que c’est précisément dans le but de fonder le quartier des Fondatrices que Matthieu Bergeron est revenu à Alma, sa ville natale. D’ailleurs, il soutient qu’il n’aurait « pas réalisé ce projet-là n’importe où au Québec ».
« Je voulais le faire en région parce que j’en avais envie, explique-t-il. C’était pour me rapprocher de ma famille et pour qu’il y ait un esprit collectif autour du projet. Je voulais travailler avec entrepreneurs locaux et que mon projet ait un impact positif sur la communauté. […] « Les gens aiment voir le projet grandir, prendre forme sous leurs yeux, une maison après l’autre, une rue après l’autre. »
Matthieu Bergeron a ainsi fait le choix de mandater une petite entreprise de Saint-Nazaire, Simon Martel Déneigement et Terrassement, pour effectuer les travaux civils. « Il y avait un aspect plus personnel à le faire avec eux. Je pense que c’est le genre de chose qui fait la différence entre un projet générique et un projet collectif qui a de la substance et que les gens s’approprient. »
Le promoteur souligne être « très content de l’avoir fait [le quartier des Fondatrices]. C’est une belle expérience de voir qu’on peut partir d’un terrain complètement brut et d’arriver avec un endroit où les gens peuvent vivre. Pour moi, c’est une belle réalisation. » Il fait également part d’une anecdote qui, à ses yeux, illustre bien la différence qu’un développement immobilier peut faire dans une collectivité. « Ça faisait peut-être un an que je travaillais sur le projet, et un après-midi, j’ai vu un autobus jaune arrivé. Il y a un petit garçon qui en est débarqué, et il s’en est allé chez lui. Ça m’a touché, j’étais fier. »
Un impact concret
À terme, le développement devrait représenter un investissement total de 30 à 35 M$ en tenant compte des investissements réalisés par le promoteur et de ceux réalisés par les autres entrepreneurs pour la construction des résidences.
Les retombées fiscales pour la ville d'Alma devraient quant à elles se chiffrer à environ 300 000 $ par année.
Surtout, et c’était l’un des objectifs de Matthieu Bergeron, le projet a contribué à réduire le taux d'inoccupation critique à Alma, qui est passé à 1,5 % en 2025, comparativement à 0,5 % en 2024, selon les plus récentes données de la SCHL.
Si Matthieu Bergeron continue à faire des va-et-vient entre Québec et Alma pour le moment, il précise vouloir s’établir pleinement dans son propre quartier au cours des prochaines années.