Clément Côté, député de Lac-Saint-Jean de 1984 à 1988 pour le Parti progressiste-conservateur du Canada, s’est éteint à l’âge de 85 ans le 21 février dernier. En entrevue avec le journal Le-Saint-Jean, Kevin Côté est revenu sur la vie de son père, tant sur le plan politique que personnel.
« Mon père, affirme d’emblée son fils, c’était un homme extrêmement généreux. C’était un bon père. C’était aussi un guerrier : pendant 15 ans, il s’est battu contre le cancer. Ça a commencé par le cancer du foie. Après, c’est devenu un cancer de la peau sur le nez, et puis le cancer du foie s’est métastasé dans les poumons et la colonne vertébrale au cours des deux dernières années. » C’est finalement ce qui emportera Clément Côté.
Kevin Côté ajoute que son père était également particulièrement sociable. « Quand on venait au Lac-Saint-Jean, il n’y avait pas moyen de se promener en ville avec lui, tout le monde le connaissait et il parlait avec le tout le monde. Aller à la Plaza avec lui, ça prenait trois heures! C’était vraiment un homme du peuple. »
Avant son passage en politique, Clément Côté a essentiellement œuvré comme entrepreneur. Il était détenteur d’un baccalauréat par cumul après avoir décroché trois certificats à l’Université du Québec à Montréal, soit un en administration, un en gestion des ressources humaines ainsi qu’un autre en administration des services publics.
Entrée en politique
Kevin Côté raconte que c’est à la suite d’un rêve que son père décida de se lancer en politique.
« Ça peut avoir l’air bizarre, mais c’est vraiment ça qui est arrivé, dit-il. C’est un peu flou dans ma tête, mais si je me souviens bien, il avait rêvé que Pierre Elliott Trudeau prenait une marche sur le bord du lac Meech et qu’il décidait de démissionner [de son poste de premier ministre libéral]. »
Selon son fils, c’est comme si Clément Côté avait pressenti « la vague bleue » (vague conservatrice) qui s’apprêtait à frapper le Canada. « C’est ce qui a poussé mon père à se lancer pour le Parti progressiste-conservateur du Canada [en 1984]. Il était un des premiers candidats pour les conservateurs. Il était en quelque sorte en avance sur la vague bleue parce que c’est plutôt en 1988 que ça allait être le temps. »
Le député démissionnera de son poste à la fin de son premier mandat en 1988. Il s’agissait d’une démission stratégique visant à permettre à Lucien Bouchard, alors étoile montante du gouvernement Mulroney, de se faire élire dans la circonscription de Lac-Saint-Jean lors d'une élection partielle le 20 juin 1988.
« L’objectif de mon père, insiste Kevin Côté, c’était d’abord de servir sa population. Et à ce moment-là, il a considéré que Lucien Bouchard était plus à même de faire des gains pour le comté, et je pense qu’il a eu raison. »
Fonctions subséquentes
Selon Kevin Côté, à la suite de son départ comme député, Clément Côté fut nommé vice-président de la Régie des entreprises de construction du Québec (RECQ) par Robert Bourrassa, alors premier ministre du Québec. Afin d’exercer ses nouvelles fonctions, Clément Côté déménagera à Montréal, où il demeurera jusqu’à la fin de ses jours.
Toujours selon fils, quelques années après son mandat à la RECQ, Clément Côté sera nommé vice-président de la l'Administration de la voie maritime du Saint-Laurent et des ponts Champlain et Jacques-Cartier, des entités qui étaient encore regroupées à cette époque.