Mercredi, 19 juin 2024

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Une résidence pour aînés de Saint-Gédéon souhaite élargir sa clientèle

Yohann Harvey Simard
Le 03 février 2023 — Modifié à 12 h 50 min le 03 février 2023
Par Yohann Harvey Simard - Journaliste de l'Initiative de journalisme local

Pour des raisons de rentabilité, le Complexe communautaire Grandmont de Saint-Gédéon souhaiterait pouvoir utiliser ses appartements libres pour y loger une clientèle plus variée, comme des étudiants ou des travailleurs étrangers. Cette demande lui toutefois été refusée par la Société d’habitation du Québec (SHQ), son principal bailleur de fonds.

Il y a quelques mois, la résidence pour personnes aînées (RPA) a été approchée par l’organisme Portes ouvertes sur le lac, qui cherchait alors un endroit pour loger un couple d’étudiants étrangers de façon temporaire.

« Même s'il a fait preuve d’ouverture, la SHQ nous a dit qu’on ne pouvait pas changer la vocation d’origine », indique Guylaine Thibault, qui était présidente du conseil d’administration de l’établissement lors du dépôt de la demande à l’automne dernier.

La RPA compte 17 unités d’habitation de type 3 1/2. Or, six d’entre elles sont inoccupées depuis plusieurs mois, ce qui engendre des déficits financiers non négligeables.

« Les loyers sont la seule source de revenus d’un OSBL d’habitation. Nous sommes capables de vivre quand on a deux loyers vacants, mais plus que ça, ça nous met vraiment dans l’embarras. »

Grâce au soutien financier de la municipalité, la survie de la résidence n’est toutefois pas menacée à court terme.

« Nous sommes chanceux à Saint-Gédéon, le conseil municipal est derrière nous. La Ville a accepté de couvrir notre déficit pour les trois prochaines années. »

Saint-Gédéon déboursera la somme de 45 000$ pour la première année.

Les RPA moins populaires

Guylaine Thibault insiste pour dire qu’avoir recourt à l’aide de la municipalité ne constitue cependant pas une solution viable à plus long terme. « On ne s’assoit pas là-dessus », dit-elle.

Car si la résidence avait autrefois une liste d’attente, trouver des locataires est devenu beaucoup plus compliqué depuis la pandémie.

« La pandémie ne nous a pas fait une bonne presse. Aux nouvelles, les personnes âgées voyaient des gens qui décédaient ou qui étaient laissés à l’abandon dans de grands centres d’hébergement. Même si ce n’est pas comme ça dans les milieux de vie en région, ça les a marqués. Maintenant, elles restent dans leur maison beaucoup plus longtemps, et quand elles arrivent, elles ont 92 ans et elles ne restent pas très longtemps. »

Une pierre deux coups

Guylaine Thibeault affirme qu’un « très grand nombre » de RPA ont dû fermer leurs portes au cours des dernières années et que ce sera encore le cas en 2023.

Elle estime que la proposition de Portes ouvertes sur le lac « permettrait de solutionner deux problèmes en même temps: la pénurie de logements et nous qui avons trop de loyers vacants. On pourrait faire un beau partenariat. »

« Je suis sûre que pourrait avoir une cohabitation harmonieuse. On a questionné les résidents, et la plupart pensent que ça pourrait même amener un certain dynamisme dans la résidence. »

« Accommodements raisonnables »

Guylaine Thibeault plaide pour que les critères d’admission en RPA soient revus.

« Nous ne sommes pas les seuls à avoir fait une demande de ce genre-là. La SHQ avait vraiment l’air de nous comprendre, mais je pense que pour eux, ça représente de gros devoirs à refaire. »

Par ailleurs, elle soutient que de son côté, la résidence s’engagerait à faire preuve de flexibilité.

« Par exemple, on ferait des baux à durée indéterminée. Si on a de la demande, on donnerait la priorité aux gens de 70 ans et plus et on donnerait deux mois aux autres locataires pour quitter. Je pense qu’il n’y a personne qui dirait “ah non, laissez-faire, c’est trop risqué”. Ils n’en ont pas, de place pour se loger. Même pour eux, ce serait avantageux de ne pas avoir un bail d’un an parce que ce qu’ils aimeraient, c’est probablement d’avoir un vrai appartement. Ce seraient des accommodements raisonnables. »

 

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