Je suis en pause de Facebook depuis avant les Fêtes, à la suite d’un incident impliquant un chien errant que je n’ai pas été en mesure de sauver. J’avais publié sa photo sur le réseau dans l’espoir d’aider, et je me suis plutôt fait ramasser par un raz-de-marée de propos haineux, allant de « criss de conne » à « c’est toi qui devrais crever de froid » de la part de madames avec des photos de profil de fleurs.
Ils n’ont pas vu les efforts déployés pour retrouver ce chien, qui n’était pas le mien. Trois soirs passés avec un organisme spécialisé dans l’errance canine. Un buck timer. Du foie cuisiné. L’apprentissage de la bonne façon d’approcher un chien en mode survie, de lui passer une laisse.
Mais aux yeux du tribunal Facebook, je méritais surtout d’être pendue haut et court.
Ça m’a écœurée. Et je me suis dit que je n’avais pas besoin de ça dans ma vie. Ça fait que ciao bye, j’ai fermé l’appli…
Ce qui m’a menée à la découverte d’un bienfait imprévu: je suis devenue moins stressée, moins anxieuse face à l’actualité.
Qu’on se le dise, sur la plupart des réseaux sociaux, l’actualité, ce qui en reste en fait, fatigue plus qu’elle n’informe. En fait, c’est pas l’actualité qui épuise, c’est la façon dont elle est servie. La vraie actualité informe, explique, met en contexte. Et ça, je suis parfaitement capable de la recevoir. Mais quand elle apparait sur mon fil accompagné de 247 commentaires, je décroche. Le défouloir numérique où tout un chacun devient expert, juge et psychologue à temps plein, sincèrement j’en peux pu.
L’idiocratie au grand jour, c’est solidement déprimant, et j’ai choisi de ne plus m’imposer ça.
Je m’informe maintenant sans m’empoisonner la tête et ma relation avec l’information est redevenue saine. Je fais le tour de mes trois applications de nouvelles préférées en commençant, évidemment, par celle de Trium Médias, hihu. Je lis des articles complets, de l’information structurée, surtout sans lire d’opinions agressives qui ne m’aident en rien à mieux comprendre ce qui se passe.
L’actualité, elle mérite mieux que d’être noyée dans le vacarme. Mon sevrage de Facebook se passe donc admirablement bien. Et tout le temps que je n’y perds plus m’a permis de venir à bout de la pile de livres qui m’attendait depuis un bout et à me remettre au tricot. J’ai changé de fil pour un pas mal moins mêlant.