La fraude demeure l’un des crimes à la croissance la plus rapide au Canada, un phénomène qui reste largement occulté par un faible taux de signalement.
Selon la Gendarmerie royale du Canada (GRC), la grande majorité de la population canadienne a déjà été exposée à une forme de fraude que ce soit comme victime, dans le cadre du travail ou en tant que témoin de l’expérience d’un proche.
Les données les plus récentes du Centre antifraude du Canada (CAFC) brossent d’ailleurs un portrait préoccupant. En 2025, les pertes financières rapportées par les victimes ont dépassé 704 millions de dollars, portant le total des pertes signalées depuis 2022 à plus de 2,4 milliards de dollars.
Or, ces chiffres ne représentent qu’une petite portion du problème puisque les autorités estiment que seulement 5 % à 10 % des fraudes sont réellement signalées, ce qui laisse entrevoir une crise bien plus vaste que ce que les statistiques officielles révèlent.
Des fraudes toujours plus sophistiquées
En 2025, les trois catégories de fraude les plus fréquemment rapportées sont demeurées la fraude à l’identité, la fraude à l’investissement et la fraude aux services. Ces stratagèmes ont tous pour objectif de soutirer de l’argent ou obtenir des renseignements personnels sensibles, tels que des numéros d’assurance sociale, des mots de passe ou des données bancaires.
Sur le plan financier, d’autres formes d’escroquerie se révèlent particulièrement dévastatrices. Les fraudes à l’investissement, les escroqueries amoureuses et les fraudes liées à l’emploi figurent parmi celles ayant causé les pertes les plus importantes au pays.
L’intelligence artificielle, nouvel allié des fraudeurs
La montée fulgurante des outils d’intelligence artificielle complexifie encore davantage la lutte contre la fraude. Selon le Bureau de la concurrence, qui collabore avec le CAFC et la GRC dans le cadre de la 22e édition du Mois de la prévention de la fraude, les fraudeurs disposent désormais de technologies leur permettant de concevoir des arnaques plus crédibles et plus difficiles à déceler.
« L'IA a doté les fraudeurs d'outils puissants leur permettant d'élaborer des stratagèmes trompeurs et d'usurper des identités de manière très convaincante. La vigilance est de mise. Lorsque les gens signalent une fraude, ils ne se protègent pas seulement eux-mêmes, ils contribuent à la combattre. », a déclaré Jeanne Pratt, commissaire de la concurrence par intérim.