Culture

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L’Almatoise Magalie Boutin à la tête des communications de l’Office national du film du Canada

Le 22 janvier 2026 — Modifié à 13 h 02 min
Par Yohann Harvey Simard - Journaliste de l'Initiative de journalisme local

Magalie Boutin en a fait, du chemin. D’Haïti à Alma lorsqu’elle était bébé, celle qui demeure maintenant à Montréal accédait récemment au poste de directrice des communications et des affaires publiques à l’Office national du film du Canada (ONF).

Il s’agit d’un avancement professionnel important pour l’Almatoise. « C’est une très belle promotion, dit-elle, une promotion tant entendue! »

Mais c’est aussi une promotion méritée sachant que Magalie Boutin a d’abord fait ses preuves à titre de cheffe des relations médias de l’ONF durant huit ans, de 2018 à 2026.

« Ça a été une très belle aventure avec l’équipe de relations de presse, avec des attachés de presse de partout au pays, puis parfois même d’ailleurs dans le monde parce que l’ONF participe à des festivals [cinématographiques] d’un peu partout dans le monde. »

Au cœur de la transition numérique

Comme cheffe des relations médias, Magalie Boutin a notamment participé à l’échafaudage et au déploiement de stratégies visant à permettre aux œuvres cinématographiques canadiennes « de se démarquer dans les grands festivals de films du monde entier » à un moment où la transition numérique du cinéma entraînait avec elle un changement de paradigme dans la couverture médiatique des films.

« À mon arrivée, en 2018, on assistait à une transformation des médias. On n’a qu’à penser à La Presse qui décidait d’arrêter le papier. Il y avait vraiment une conversion de tout un univers. Avec ça, on a aussi vu le milieu médiatique changé. Par exemple, certains journalistes ne voulaient plus être des journalistes orchestres, disant qu’ils ne voulaient plus faire certains types de topos. »

Dans le but de maintenir, et idéalement de stimuler l’intérêt des journalistes à l’égard des productions de l’ONF, Magalie Boutin affirme notamment avoir incité « ses équipes à changer leur approche vis-à-vis des médias, à changer leurs façons de proposer du contenu ».

Elle mentionne avoir « intégré [aux relations médias de l’ONF] des outils de veille médiatique totalement différents », et ce, en même temps que d’avoir mis à profit « des bases de données de compagnies à l’avant-garde qui nous ont permis [à l’ONF] de nous outiller pour qu’on soit capable de voir presque en temps réel les mouvements médiatiques de partout dans le monde. Les attachés de presse sont donc devenus beaucoup plus connectés et ils ont pu commencer à faire des approches plus personnalisées. »

Le résultat, précise Magalie Boutin, fut que la plateforme de visionnement de l’ONF (www.onf.ca), auparavant éclipsée par des festivals comme les Oscars ou le Festival de Cannes, a commencé « à faire parler d’elle plus que jamais ».

Défis à venir

Son expérience à l’ONF y comprise, Magalie compte plus de 25 ans de pratique dans le secteur des communications, notamment à Tourisme Québec et au ministère de l’Économie, de la Science et de l’Innovation du Québec. C’est donc avec aplomb qu’elle se dit prête à relever les défis qui l’attendent dans l’exercice de ses nouvelles fonctions.

Déjà en novembre dernier, elle participait au processus de redéfinition par le Conseil de la radiodiffusion et des télécommunications canadiennes (CRTC) de ce qui constitue un contenu canadien. Dans un mémoire, l’ONF plaidait alors en faveur de l’intégration, parallèlement à d'autres critères, comme la nationalité des personnes occupant les principaux rôles créatifs (réalisateurs, scénaristes, etc.), d’éléments culturels pour définir la nature d’un contenu dit « canadien ». Ces éléments culturels comprennent, entre autres, la pertinence sociale ou politique du film, la représentation du mode de vie et la présence de lieux ou de personnages canadiens reconnaissables.

« Pourquoi camouflerait-on notre territoire dans des films pour faire semblant que c’est ailleurs alors que l’action se passe bel et bien chez nous? », soulève à ce titre la professionnelle des communications.

Fierté jeannoise

Mais l’assurance dont fait preuve Magalie Boutin à l’approche de nouveaux défis ne lui vient pas seulement de l’épaisseur de son curriculum vitae. Selon elle, il s’agit aussi d’un trait de caractère proprement jeannois. « Il n’y a rien de trop grand pour un Bleuet! », lance Magalie Boutin, Haïtienne de naissance adoptée en 1978 par les Almatois Danielle Beaumont et Raynald Boutin.

« À mon avis, cette vision selon laquelle il n’y a rien à notre épreuve [les Bleuets] vient du fait que nous avons tellement eu à traverser le parc [des Laurentides­] pour tel événement familial, pour tel événement sportif, ou encore pour amener notre savoir ou nos connaissances à l’extérieur. Et ça, c’est resté en moi. […] J’ai toujours gardé en moi une espèce de fierté [jeannoise], un désir d’exporter les talents. » Et exporter le talent, c’est précisément le rôle que Magalie Boutin doit aujourd’hui assumer au sein de l’ONF.

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