Actualités

Temps de lecture : 2 min 18 s

Monique Fortin a vécu l’enfer à l'Orphelinat de Chicoutimi

Serge Tremblay
Le 15 mars 2023 — Modifié à 07 h 05 min
Par Serge Tremblay - Rédacteur en chef

ATTENTION: Le contenu de cet article peut s'avérer troublant. Le lecteur est prié d'en tenir compte au préalable.

À la suite du reportage d’Enquête sur l’orphelinat de Chicoutimi, Monique Fortin a pris la décision de sortir de son mutisme et de dénoncer l’enfer qu’elle a vécu. Elle exige que réparation soit faite de la part du gouvernement du Québec et de la communauté religieuse des Petites Franciscaines de Marie.

Monique Fortin, 76 ans d’Alma, se dit outrée par l’indemnité financière de 15 000 $ qu’elle a reçue. « C’est rire de nous autres ce petit 15 000 $, c’est pour nous faire fermer la gueule », lance-t-elle.

C’est pour cette raison qu’elle relate les sévices qu’elle a subis afin d’obtenir réparation.

Monique Fortin en compagnie de son frère. Les deux ont fréquenté l’orphelinat.

Monique Fortin a résidé à l'orphelinat de l’âge de 2 mois jusqu'à 12 ans.

Elle se dit chanceuse, car une fois par année, les frères de sa mère venaient la chercher pour une semaine hors de l’orphelinat. « Mais quand je revenais, c'était le calvaire, je pleurais pendant une semaine… regarde, je t'en parle et j’ai encore le cœur gros. »

Douze années de tortures, d’agressions physiques, psychologiques et sexuelles s'enchaînent sans répit.

La nourriture était infecte, mais elle devait la manger même si ça la rendait malade.

« Si on vomissait dans notre assiette, sœur Armand nous obligeait à manger quand même sinon les punitions étaient graves. »

Les sévices se faisaient généralement à l’infirmerie que les orphelins appelaient « la salle des tortures ».

Dans cette pseudo-infirmerie, Mme Fortin a subi des agressions sexuelles à répétition.

« Sœur Armand m’a rentré un cierge dans le vagin et la première fois, j’ai saigné, je n’avais que 6 ou 7 ans et ç’a continué pendant plusieurs années. »

Les moyens de punitions étaient multiples.

Elle était battue avec un bâton de bois, des ceintures de cuir et des coups de pied. Elle a été frappée aux fesses, à la tête et a eu les doigts cassés à plusieurs reprises, et ce, sans jamais recevoir les soins médicaux appropriés.

Témoins d’homicides ?

Monique Fortin aurait été même témoin d’homicides. Au dire de la dame, une amie et voisine de lit dont elle prenait soin, contre la volonté des sœurs, était dans le coma en raison de la tuberculose. Elle aurait été enroulée dans une couverture, amenée à la chaufferie du sous-sol et brûlée vivante. Cette petite fille n’a jamais été revue.

« Comme j'avais été pognée par les sœurs parce que je m’occupais de la petite fille, j’ai reçu de violents coups de pied, mais j'ai quand même suivi la soeur qui emportait le petite jusqu'à la chaufferie… je l’ai vue tirer le corps dans le feu…j’ai lâché un cri d’horreur », raconte-t-elle en pleurant.

Autre histoire horrible : vers 7-8 ans, les orphelines allaient s’occuper des bébés à la pouponnière. Elles les berçaient la nuit et les nourrissaient.

« Un petit bébé qui n’arrêtait pas de pleurer, même si je le berçais, m’a été retiré par la sœur, elle l’a tiré sur le mur et le bébé est mort. »

Parler pour se délivrer

Encore aujourd’hui, les blessures psychologiques sont encore bien présentes. Afin de se libérer de ses souffrances, Monique Fortin a décidé il y a trois ans de se confier à certaines personnes de son entourage.

À force de parler de ces horreurs, elle espère guérir et que toutes les victimes de l’orphelinat de Chicoutimi obtiennent réparation.

RECOMMANDÉS POUR VOUS


Publié le 20 mars 2026

Fédération québécoise de l’autisme en grève du 23 mars au 2 avril

La Fédération québécoise de l’autisme (FQA) et les 16 associations régionales en autisme s’apprêtent à donner le coup d’envoi du 42e Mois de l’autisme. Cette année toutefois, le lancement prendra une forme particulière, influencé par le mouvement « Le communautaire, à boutte », qui dénonce le sous-financement du milieu communautaire au Québec. En ...

Publié le 20 mars 2026

Le prolongement de l'autoroute Alma-La Baie toujours dans le PQI, mais pas accéléré

Plusieurs bonnes nouvelles, mais aussi de moins bonnes ont été annoncées pour les infrastructures du Saguenay-Lac-Saint-Jean dans le cadre de la présentation du budget 2026-2027 du gouvernement du Québec. Le secteur de la santé s’en tire bien avec l’annonce du financement pour la rénovation et l’agrandissement de l’urgence de l’Hôpital de ...

Publié le 20 mars 2026

Loin de l’objectif au Saguenay-Lac-Saint-Jean

Les classes de maternelle quatre ans stagnent au Saguenay-Lac-Saint-Jean, comme ailleurs au Québec. L’initiative des maternelles, mises de l’avant par la Coalition avenir Québec (CAQ) en 2019, semble ne s’être jamais totalement déployée. Selon le Quotidien, le projet commençait en force dans le centre de services scolaires (CSS) du ...

Abonnez-vous à nos infolettres

CONSULTEZ NOS ARCHIVES