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Quand la terre vient à la rescousse de la santé mentale

Denis Hudon
Le 27 mars 2023 — Modifié à 18 h 55 min le 27 mars 2023
Par Denis Hudon - Journaliste de l'Initiative de journalisme local

Aux prises depuis longtemps avec des problèmes de santé mentale, David Maltais a retrouvé l’équilibre qu’il recherchait depuis si longtemps, grâce à la terre. Le jour où il s’est lancé dans la culture maraîchère en compagnie de sa conjointe Marie-Ève Martineau, sa vie en a été complètement transformée.

Depuis le tournant de l’an 2020, le couple et leurs deux enfants cultivent un demi-hectare de terre et a fondé Les légumes sur la butte, dans le rang Saint-Alphonse, à Saint-Bruno.

Cet homme qui est technicien en génie électrique de profession et qui travaille toujours au sein de la même firme d’ingénierie, parle aujourd’hui ouvertement de son expérience dans le seul but de livrer un message d’espoir à toutes celles et ceux qui vivent au quotidien avec une problématique en santé mentale.

« Un jour, à mon travail, j’ai craqué. Travailler devant son écran d’ordinateur pendant plusieurs heures par jour, ç’a fini par me rattraper. J’ai été en arrêt de travail pendant plusieurs mois et j’ai pu profiter de ce temps pour réfléchir sur moi-même et à mon avenir. Ç’a été le commencement d’une grande remise en question. »

C’est en lisant une citation dans un livre de l’auteur Jean-Martin Fortier Le jardinier-maraîcher, un manuel d’agriculture biologique sur petite surface, que David Maltais a été piqué au vif. « Je peux dire à quiconque est inquiet des capacités physiques requises par le métier que jardiner à plein temps est moins "dur" pour la santé et le corps que de rester assis devant un écran d’ordinateur plusieurs heures par jour. »

« Ç’a été l’étincelle au changement de direction dans ma vie. J’ai lu des dizaines d’autres livres sur la culture bio et j’ai ensuite fait des démarches pour trouver un coin de terre à cultiver », raconte-t-il.

Retrouver l’équilibre

Et ce n’est pas une mince tâche. Il a eu heureusement la chance d’avoir un oncle qui lui a prêté une parcelle de terre intacte, qui n’avait jamais été cultivée, donc sans intrants ni produits chimiques. Il y avait de l’eau potable tout proche, un chemin, un fort potentiel pour la culture d’un jardin.

« Ça m’a pris deux ans à préparer le terrain. J’avais une vision de ce que je voulais faire. J’ai commencé avec une tondeuse et à la force des bras », raconte-t-il.

À le voir aller avec sa blonde, des voisins, des amis, des membres des deux familles ont fourni tout ce qui pouvait leur être utile dans leur projet.

« Au début, ç’a été un peu le choc pour moi. C’était d’abord son projet et je ne savais pas ce qui m’attendait. J’ai bien vu que c’était bénéfique sur sa santé et j’ai décidé de l’accompagner. Depuis deux ans, je suis devenue tout aussi passionnée que lui. C’est maintenant notre projet à tous les deux », raconte Marie-Ève Martineau. Même les deux enfants en bas âge, 8 et 10 ans, apportent leur contribution.

N'allez pas croire que le projet s’est fait sur un coup de tête. David Maltais avoue qu’il était terrorisé par moments, mais il avait la conviction qu’il fallait persévérer pour retrouver l’équilibre, dans toutes les sphères de sa vie.

« J’étais en terrain inconnu et c’était tout un défi. Et plus j’avançais dans mon projet, plus j’étais motivé. Aujourd’hui, je me sens beaucoup mieux ».

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