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Au Québec depuis 2016

Anne Retaillaud menacée d'expulsion malgré ses 4 diplômes québécois

Yohann Harvey Simard
Le 27 février 2025 — Modifié à 12 h 51 min
Par Yohann Harvey Simard - Journaliste de l'Initiative de journalisme local

Un baccalauréat en chimie des produits naturels de l’Université du Québec à Chicoutimi, deux diplômes d’études professionnelles réalisés au Québec de même qu’une attestation de spécialisation professionnelle. Quatre diplômes québécois auxquels s’ajoutent plusieurs années d’expérience en milieu de travail, et malgré tout, Anne Retaillaud, arrivée au Québec de France en 2016, est incapable d’obtenir sa résidence permanente et craint maintenant d’être expulsée du pays en juillet prochain.

Au-delà des diplômes, la Québécoise d’adoption de 29 ans a des amis au Québec, un amoureux. Une vie entière qu’elle se bat pour garder depuis plus d’un an.

« En ce moment, on ne me demande pas juste de quitter le Québec, on me demande d’abandonner ma vie, une vie que j’aime et que je me suis donné du mal à bâtir. J’ai toujours voulu entrer dans les règles, faire que tout fonctionne. Et malheureusement, je ne me sens pas considérée. J’ai l’impression que toute mon expérience, qu’elle soit académique ou professionnelle, n’a aucune valeur aux yeux de l’Immigration. »

Victime de la bureaucratie

Anne Retaillaud a fait une première demande de résidence permanente en 2023 sur la base de ses diplômes d’études québécois. La résidence permanente lui a cependant été refusée puisque, l’a-t-on informée, elle avait terminé son baccalauréat depuis plus de trois ans lorsqu’elle a fait sa demande. « C’est le genre d’information que personne ne te donne, mais qui est pourtant extrêmement importante », déplore-t-elle.

Anne Retaillaud a donc changé son fusil d’épaule et a déposé une seconde demande en 2024, cette fois sur la base de ses deux ans d’expérience professionnelle à temps plein en sol québécois. Sa demande a été déclinée à nouveau puisque, lui a-t-on fait savoir, elle avait exercé sa première année de travail à temps plein au sein d’un emploi de catégorie FÉER 4, et non FÉER 0, 1, 2, 3 tel qu’exigé par le ministère de l'Immigration, de la Francisation et de l'Intégration. FÉER correspond à un système de cotation qui classifie les emplois selon la formation, les études, l’expérience et les responsabilités (FÉER) qui s’y rattachent.

Or, depuis un an, Anne Retaillaud occupe un emploi dont la cote est suffisamment élevée pour qu’il puisse être pris en compte par le Programme de l'expérience québécoise (PEQ), à savoir analyste en laboratoire chez PhytoChemia. Toutefois, étant donné qu’elle ne l’occupe pas depuis deux ans et que son permis de travail postdiplôme arrive à échéance en juillet, sa demande de résidence permanente demeure irrecevable aux yeux du ministère de l’Immigration.

« Dans le pire des cas, tout ce je demanderais, c’est qu’on me donne le temps de faire ces deux ans-là! Car, poursuit-elle, « je suis qualifiée. Je suis qualifiée avec des diplômes québécois. J’ai occupé des emplois pour lesquels c’était difficile de trouver des employés de qualité. En plus, ces emplois-là, si je les ai pris, c’est parce que j’ai un but, celui de participer à l’économie québécoise avec des projets d’entreprise. Actuellement, j’ai deux plans d’affaires de rédiger. Certes, je n’ai peut-être pas occupé d’emplois d’ingénieur à hauts salaires, mais c’est simplement parce que pour mes objectifs de vie, ça ne m’apportait rien. »

Cri du cœur

Anne Retaillaud s’est tournée vers ses députés, fédéral et provincial, afin d’obtenir de l’aide. Ce n’est pas faute d’avoir essayé, assure-t-elle, mais ni un ni l’autre n’a été en mesure de trouver une solution.

Deux dernières options s’offrent donc à elle. La première: déménager en Ontario pour y refaire une demande de résidence permanente de zéro. Option qui ne fait « aucun sens », insiste Anne Retaillaud, puisque « moi, c’est au Québec que je voulais habiter, et ma vie, elle est ici ».

La deuxième option: obtenir une dérogation de la part du ministère de l’Immigration qui, si elle l’obtient, permettrait à Anne Retaillaud de demeurer au Québec le temps d’accumuler ses deux ans d’expérience professionnelle au sein d’un emploi de catégorie FÉER 0, 1, 2 ou 3.

« Je veux qu’il [le ministère de l’Immigration­­] me considère en tant que parcours atypique. Je veux que l’on considère la stratégie que j’ai eue pour mon projet entrepreneurial. »

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