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Les producteurs agricoles ont pu quand même sauver la mise

Denis Hudon
Le 06 février 2023 — Modifié à 16 h 40 min le 06 février 2023
Par Denis Hudon - Journaliste de l'Initiative de journalisme local

Les producteurs agricoles ont pu quand même sauver la mise

Contre vents et marées, beau temps mauvais temps, l’agriculture continue de nourrir la population et par le fait même contribue à l’économie du Saguenay-Lac-Saint-Jean. La dernière année a apporté son lot d’épreuves et d’obstacles, mais en fin de compte, les producteurs agricoles ont vu le fruit de leurs efforts récompensé.

L’année 2022 restera longtemps gravée dans la mémoire des producteurs agricoles qui ont été témoins des humeurs de Dame Nature.

Habitués de semer avant la fin mai, les agriculteurs n’ont pu en 2022 planter les semences qu’à la fin de juin et même en début de juillet.

« Au printemps, les champs étaient remplis d’eau. On ne peut pas semer dans de telles conditions, sinon le grain ne germera pas bien et les rendements en seront affectés. Il a fallu retarder de plusieurs semaines et c’est très stressant. En 40 ans, je n’avais jamais vu ça semer aussi tardivement. Les changements climatiques nous rattrapent », dit Mario Théberge, président de l’Union des producteurs agricoles (UPA) au Saguenay-Lac-Saint-Jean.

Heureusement, l’automne qui s’en est suivi s’est étiré jusqu’en novembre avec des conditions climatiques exceptionnellement favorables.

« C’est ainsi qu’on a pu sauver la mise et qu’on a pu tout récolter. Au printemps, c’était comme de jouer à la roulette russe. Dépassé le mois de mai pour semer, les producteurs devaient assurer 100 % des risques. En bout de ligne, les rendements ont été moyens, mais corrects. On n’est ni déçus ni satisfaits dans ce contexte hors de l’ordinaire, mais on ne se pète pas non plus les bretelles », poursuit Mario Théberge.

Des coûts à la hausse

Le prix des engrais qui a à toutes fins utiles doublé et le prix du diesel jusqu’à 2,50 $ le litre sont venus encore compliquer davantage.

« Un tracteur dans un champ qui consomme jusqu’à 600 litres en une journée, c’est lourd financièrement. La marge de crédit est alors utilisée comme jamais. »

Par ailleurs, le prix du lait qui augmente généralement une fois par année le sera deux fois cette année. La Commission canadienne du lait a décrété une deuxième hausse, décision motivée par l’inflation.

Mario Théberge indique que pour les producteurs de lait, cela va permettre d’éponger une partie seulement des pertes.

Défis, enjeux et confiance

Mario Théberge est confiant pour l’avenir de l’agriculture dans la région. Parmi les principaux défis, il y a la poursuite des efforts pour améliorer constamment les façons de faire. L’UPA va continuer de sensibiliser les consommateurs et de les encourager à acheter régionalement en soutenant les producteurs locaux.

« La solidarité va tenir notre économie et assurer la pérennité de notre industrie et de nos producteurs agricoles. La relève est très préoccupante aussi, quand on sait que la moyenne d’âge de nos agriculteurs est autour de 55 ans et qu’un producteur sur deux a plus de 50 ans. On y travaille depuis un certain temps et une table régionale composée de plusieurs acteurs socio-économiques a été formée dans la dernière année. On veut ainsi trouver des moyens pour faciliter la reprise de nos fermes. C’est prometteur », se réjouit le président de l’UPA.

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