Les jugeant « injustes », le refuge pour animaux d’Alma La Passion de Rubie a la ferme intention de contester deux amendes qui lui ont été imposées en avril 2025 par le ministère de l'Agriculture, des Pêcheries et de l'Alimentation du Québec (MAPAQ).
Les deux constats d’infraction sont d’un montant de 3 000 $, pour un total de 6 000 $ à payer. L’un concerne la présence de planchers poreux, ce qui peut entraîner l’absorption de résidus indésirables, tandis que l’autre porte sur la non-conformité des cages en raison de leur grandeur et de l’absence de fonds rigides.
Rubie Bergeron ne remet pas en question le fondement des accusations. Elle admet par ailleurs que le MAPAQ y est allé d’avertissements avant de recourir aux amendes. Ce qu’elle décrie, c’est l’injustice que sous-tendent ces pénalités, et c’est pour cette raison qu’elle ira les contester à la Cour du Québec en octobre prochain.
Plaidoyer
Rubie Bergeron fait d’abord valoir que le refuge a tenté « d’arranger les choses à plusieurs reprises ».
« Pour s’assurer que les planchers ne soient pas poreux, on a essayé deux ou trois fois de peinturer, mais ce n’est pas du béton neuf qu’on a, donc la peinture ne tient pas et ça nous empêche par ailleurs de mettre de l’époxy. Pour les cages, on dirait qu’ils ne comprennent pas que les chiens brisent vraiment rapidement les fonds de plastique. Et puis, ce n’est pas comme si les chiens étaient là longtemps. Nous, on le sait que c’est temporaire : les chiens restent là à peine deux ou trois semaines avant qu’on leur trouve une famille d’adoption. »
Par-dessus tout, la propriétaire du refuge animalier rappelle que son organisation fonctionne essentiellement sur la base du bénévolat d’une douzaine de passionnés des animaux.
« Nous sommes une entreprise caritative. Tout l’argent retourne aux animaux, il n’y a personne qui se met riche avec ça. Donc, ce qui est dommage, c’est que ce n’est pas à nous qu’il [le MAPAQ] enlève quelque chose, c’est aux animaux parce que si on l’avait, cet argent-là, on les aurait refaits au complet, les planchers, et en marbre! Si on avait les moyens de faire ce qu’ils nous ont demandé, on l’aurait fait, puis au lieu de nous donner de l’aide pour y arriver et d’être un allié, le MAPAQ nous donne des amendes », fustige Rubie Bergeron, qui gagne sa vie en faisant des toilettages.
Cette dernière ajoute que les dépenses de refuges pour animaux sont nombreuses et importantes. « Juste vermifuger et vacciner un chien, dit-elle, c’est 200 $, et il n’est pas encore stérilisé. La stérilisation, c’est rendu entre 500 $ et 700 $. Donc, pour un seul animal, on peut compter en moyenne 600 $ à 800 $ pour une sa prise en charge. Et ça, c’est si ça va bien, que ses dents sont en bon état et qu’il n’a pas de blessures ou de maladies. Dans ces cas-là, ça peut monter à plusieurs milliers de dollars pour la prise en charge d’un seul animal. »
Pour faire changer les choses
Rubie Bergeron confie que ce n’est pas tant pour gagner sa propre bataille qu’elle se rendra au tribunal, mais bien dans l’espoir de « faire changer les choses pour tous les refuges du Québec ».
« Mon but, ce n’est pas de ne pas payer les amendes, c’est de me faire entendre au nom de tous les refuges du Québec. C’est qu’en faisant mon annonce sur Facebook, j’ai réalisé que j’étais loin d’être la seule à avoir des litiges avec le MAPAQ. J’ai reçu une bonne vingtaine de témoignages de refuges de partout au Québec qui m’ont dit qu’ils vivaient ou qu’ils avaient vécu la même chose. Certains m’ont même dit qu’ils avaient dû fermer tellement ils avaient peur du MAPAQ. »