Samedi, 13 juillet 2024

Économie

Temps de lecture : 2 min 45 s

Un investissement qui en a valu la chandelle pour Carl Girard et Alain Bourgoin

Le 18 mai 2023 — Modifié à 13 h 47 min le 18 mai 2023
Par Mélyna Girard

Reprendre les rênes d’une entreprise n’est jamais chose facile, encore moins dans un contexte économique inflationniste marqué par la hausse des coûts de production. Cela n’a toutefois pas empêché Carl Girard et Alain Bourgoin de se porter acquéreurs du restaurant Robert BBQ à Alma.

Cela fera bientôt un an qu’Alain Bourgoin et Carl Girard ont procédé au rachat de l’établissement, où le second travaillait comme serveur depuis deux ans.

Pour le couple de L’Ascension, il s’agit d’une première expérience en affaires, première expérience qui, affirme-t-il, se déroule « très bien ».

Bien qu’ils se disent reconnaissants du succès qu’ils rencontrent jusqu’à maintenant, Carl Girard et Alain Bourgoin précisent avoir fait leur chance en rachetant ce qu’ils savaient être « une institution » dans la municipalité. En effet, cela fera cette année 63 ans que Robert BBQ a pignon sur rue à Alma dans le quartier Delisle, six décennies durant lesquelles le restaurant a pu se constituer une clientèle fidèle.

Or, lorsqu’ils ont fait leur offre d’achat, les nouveaux entrepreneurs étaient parfaitement conscients qu’il s’agissait d’un commerce solidement établi, sans quoi ils n’auraient pas investi 1,4 M$ pour en faire l’acquisition. Car la première règle en repreneuriat, estiment-ils, « c’est de ne pas reprendre n’importe quoi! »

Ne pas « compter ses heures »

Si Carl Girard et Alain Bourgoin admettent volontiers que la réputation de l’établissement contribue à leur réussite, cela n’enlève rien aux efforts dont ils font preuve. Ils travaillent en moyenne 80 heures par semaine pour assurer la croissance de leur restaurant. Ils sont d’ailleurs convaincus que le maintien d’une entreprise en santé passe d’abord par le temps qu’on y consacre.

« Il ne faut pas avoir peur de l’ouvrage », résume Carl Girard. Particulièrement en restauration, ajoute-t-il, « tu sais à quelle heure tu arrives, mais jamais à quelle tu sors! »

Alain Bourgoin renchérit, affirmant être dans son restaurant « du matin au soir, sept jours sur sept », et que s’il a bien un conseil à donner, c’est de ne surtout pas « compter son temps ».

Connaître son domaine

Outre le dévouement, les restaurateurs considèrent qu’un repreneuriat réussi nécessite également la possession ou l’acquisition des compétences et des connaissances propres au secteur d’activité de l’entreprise ciblée.

En somme, explique Carl Girard, ne devient pas restaurateur qui veut, de la même façon que l’on ne s’improvise pas conseiller en marketing. Racheter un commerce, dit-il, ce n’est pas quelque chose que l’on doit faire sur un « coup de tête ».

Main-d’œuvre, un problème solutionné

lus que jamais, la main-d’œuvre représente un enjeu de taille pour les dirigeants d’entreprises, grandes ou petites. Un enjeu auquel Carl Girard et Alain Bourgoin se sont attaqués en mettant en place de conditions de travail comme il y en a rarement en restauration.

Peu après la prise de possession de leur restaurant, ils y ont intégré un fonds de pension pour les salariés, ce qui leur a permis de rapidement trouver du personnel, affirme Alain Bourgoin.

« C’est sûr que ça a fait une différence dans leur décision [aux nouveaux employés] de venir travailler ici. »

Robert BBQ compte actuellement 37 employés. Les propriétaires ont récemment fait des demandes de soumission en vue d’implanter des assurances dentaires et pour les soins de la vue.

Coût des intrants

Les entrepreneurs soutiennent que le principal défi avec lequel ils doivent composer est la hausse du prix des aliments.

« Ça n’a pas de sens… Les prix ont monté de 30% à 50% en un rien de temps », indique Carl Girard, qui cumule plusieurs dizaines d’années d’expérience en restauration. Selon lui, certaines denrées coûtent jusqu’à trois fois plus cher qu’il y a cinq ans, comme l’huile végétale, dont le gallon est passé d’en moyenne 22 $ à 66 $.

Dans ce contexte, concluent les restaurateurs, réduire le gaspillage à son strict minimum est devenu leur règle d’or.


Le Cahier EntrePreneurs est une initiative de Trium Médias, en collaboration avec le journal Les Affaires. Dans les éditions trimestrielles se trouvent des articles touchant directement les enjeux et défis du monde des affaires.

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