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Végétolab ne se laisse pas manger la laine sur le dos

Le 27 août 2022 à 12 h 07
Par Yohann Harvey Simard - Journaliste

Si ses concurrents se font plutôt rares au Québec, Végétolab doit toutefois jouer des coudes pour rivaliser contre les géants provenant notamment des États-Unis. Un des nombreux défis auxquels est confronté le grossiste fruitier de Saint-Cœur-de-Marie.

« Notre compétition, elle vient surtout de l’ouest du pays et des États-Unis », précise, la directrice générale de l’entreprise, Martine Girard.

En tant que grossiste, Végétolab possède une clientèle essentiellement constituée de pépiniéristes et de propriétaires de vergers.

Le problème, affirme Martine Girard, c’est que « plusieurs pépiniéristes préfèrent encore s’approvisionner aux États-Unis plutôt qu’au Canada et au Québec. »

C’est qu’ayant généralement un volume de production supérieur à celui de Végétolab, les grossistes américains peuvent plus aisément offrir des réductions tarifaires. De plus, contrairement à ces derniers, Végétolab s’adonne uniquement à la vente d’arbustes fruitiers.

« Là-bas, les grossistes vont aussi vendre des arbustes résineux, des vivaces, des fleurs, etc. Alors, ils vont souvent dire : “si tu n’achètes plus la portion fruit chez nous, on ne te fait plus d’escomptes sur le reste” ».

Tendance favorable

Malgré le penchant de certains pépiniéristes à faire affaire avec nos voisins du Sud, Martine Girard remarque que « les producteurs trouvent ça de plus en plus dur d’importer des plantes. Pour importer, ça te prend beaucoup de permis d’importation ou de certificats phytosanitaires. C’est compliqué dans les transports, le transport coûte de plus en plus cher. »

Ce faisant, un nombre croissant de pépiniéristes, qui auparavant s’approvisionnaient strictement aux États-Unis, se tournent progressivement vers des entreprises québécoises comme Végétolab.

Par ailleurs, étant donné « l’image négative » parfois associée au fait d’acheter à l’étranger, Martine Girard note que plusieurs propriétaires de pépinières favorisent dorénavant l’achat local.

Autres défis

Si le développement des marchés demeure « le plus gros défi » de Végétolab, ce n’est cependant pas là la seule difficulté rencontrée par l’entreprise.

« On ne se le cachera pas : le froid, c’est une contrainte. Le chauffage, ça coûte cher. L’hiver, il faut faire dormir des plantes dehors, ce qui représente des risques de gels et de pertes. »

Végétolab n’est pas non plus épargnée par le manque de main-d’œuvre. D’ailleurs, Martine Girard l’affirme sans détour : « s’il n’y avait pas de travailleurs étrangers, il n’y aurait plus d’horticulture. »

En ce sens, elle trouve regrettable que les procédures d’immigration, déjà lourdes, se complexifient, tandis qu’elles devraient plutôt être simplifiées considérant les besoins criants de l’industrie québécoise.

 

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