Lundi, 15 juillet 2024

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Présence de briseurs de grève confirmée à l’usine PFR d’Alma

Yohann Harvey Simard
Le 18 août 2023 — Modifié à 15 h 37 min le 18 août 2023
Par Yohann Harvey Simard - Journaliste de l'Initiative de journalisme local

Ce qui n’étaient que des soupçons s’est avéré. Produits forestiers Résolu a bel et bien eu recours à des briseurs de grève dans le cadre du lock-out de l’usine d’Alma.

C’est ce qu’a révélé une enquête récemment menée par le ministère du Travail.

Peu après le début du conflit de travail, des employés avaient remarqué un va-et-vient suspect aux portes de l’usine, rappelle Daniel Bilodeau, vice-président du Syndicat national des travailleuses et travailleurs des pâtes et papiers d’Alma (CSN SNTTPP d’Alma).

« On s’en doutait, qu’il y en avait, des briseurs de grève », dit-il.

Le SNTTPP a fait part de ses soupçons au ministère du Travail, qui a dépêché un inspecteur à l’usine d’Alma. Au terme de sa visite, l’inspecteur a conclu que 13 briseurs de grève étaient effectivement présents sur le lieu de travail. « Ils faisaient le travail d’opérateurs syndiqués », précise Daniel Bilodeau.

Le recours à des briseurs de grève, ou scabs selon l’expression anglaise, est illégale au Québec. Dans le cas présent, l’équipe de briseurs de grève était composée d’employés retraités, de cadres ainsi que d’employés embauchés après le déclenchement du lock-out, une autre pratique illégale.

Conséquences

Selon le 1er vice-président de la CSN, François Enault, le départ des briseurs de grève a aussitôt été exigé par le ministère. Une audience est prévue le 29 août prochain devant le Tribunal administratif du travail afin qu’un jugement soit rendu. Selon François Enault, le rapport d’enquête est un élément de preuve convaincant quant à la culpabilité de l’employeur, qui s’expose à des sanctions encore inconnues pour le moment.

De son côté, Daniel Bilodeau estime que PFR aurait tout à gagner de revenir s’asseoir à la table de négociation d’ici la date de l’audience, affirmant qu’un jugement de culpabilité risquerait « d’entacher la réputation » de la compagnie.

Plusieurs « coups plates »

Le recours à des briseurs de grève s’ajoute à d’autres « coups plates » commis par l’employeur, soutient Daniel Bilodeau.

Il rappelle qu’au début du lock-out, PFR a suspendu les paies de vacances de même que les assurances collectives des travailleurs, ce qui est encore une fois illégal.

« Leur but, c’est d’appauvrir les employés le plus possible, et c’est déplorable ».

Par ailleurs, le vice-président syndical soupçonne PFR d’avoir fait appel à de nouveaux briseurs de grève depuis que le départ des précédents a été exigé.

 

 

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