Actualités

Temps de lecture : 3 min 7 s

Aspirante à la chefferie de la Coalition Avenir Québec

Un accueil musclé pour Christine Fréchette au Lion Bleu d’Alma

Yohann Harvey Simard
Le 19 février 2026 — Modifié à 21 h 05 min
Par Yohann Harvey Simard - Journaliste de l'Initiative de journalisme local

À l’instar de Bernard Drainville lundi dernier à Jonquière, c’est sous des sirènes d’ambulances que Christine Fréchette, députée de Sanguinet et aspirante à la chefferie de la Coalition Avenir Québec, a fait son arrivée à la microbrasserie Lion Bleu d’Alma ce soir.

C’est effectivement de pied ferme qu’ambulanciers, éducatrices du CPE Le Jardin de Roby de Roberval ainsi qu’employés de catégorie 3 du CIUSSS du Saguenay-Lac-Saint-Jean attendaient la potentielle prochaine première ministre du Québec.

Pour leur part, les paramédics étaient venus réitérer les revendications liées au renouvellement de leur contrat de travail.

« Elle nous a écoutés. On l’a sensibilisée à nos problèmes. Ça fait bientôt trois ans que nous sommes sans convention collective, il faut que ça se règle, et c’est un mandat qui doit venir du gouvernement. Donc, ce soir, on avait quelqu’un qui deviendra peut-être première ministre, et à ce titre, elle aura le pouvoir de régler notre convention collective », affirme, Philippe Morissette, représentant du Syndicat des paramédics du Saguenay–Lac-Saint-Jean–Nord affilié à la CSN.

Le représentant syndical rappelle que les négociations achoppent notamment sur la question des salaires et sur celle des horaires.

« On mérite un salaire à la hauteur de nos tâches et responsabilités, mais l’évaluation des tâches reste à faire et ça ne se conclut pas. On l’a aussi sensibilisée [Christine Frécette] aux problèmes des horaires de faction. Ça n’a aucun sens qu’on ait encore deux classes de patients dans notre région. »

L'horaire de faction contraint les travailleurs à être disponibles 24h/24, souvent pendant sept jours consécutifs, en attendant un appel à leur domicile ou à la caserne. « Que tu sois dans la douche, au gym, en train de souper, tu peux te faire appeler à tout moment. Tu peux déjà avoir ta journée dans le corps, te coucher à 20 h, dormir deux heures, et le CB sonne à 22 h et tu ne redors pas avant 10 h le lendemain », décrit Marc-André Lachapelle, vice-président à la mobilisation du Syndicat des paramédics du Saguenay–Lac-Saint-Jean–Nord.

Les horaires de faction sont par ailleurs réputés pour allonger de 7 à 12 minutes le temps de réponse des ambulanciers, ce qui contribue à créer deux classes de patients : ceux qui attendent moins longtemps, et ceux qui attendent plus longtemps. En zone rurale ou régionale, ce modèle de garde peut porter le délai de réponse total à plus de 15 minutes, voire dépasser 20-30 minutes dans certains cas, car les ambulanciers doivent d'abord se rendre à la caserne. Or, rappelle Philippe Morissette, « dans le cas d’un arrêt cardiaque, chaque minute d’attente de plus diminue de 10 % les chances de survie ».

Les paramédics du Saguenay–Lac-Saint-Jean–Nord réclament l’instauration de quarts de travail à l'heure, ce qui permettrait aux ambulanciers d’être rémunérés de façon « plus juste » en plus de les positionner en caserne ou sur un point de service, prêts à partir en moins d'une minute après la réception de l'appel.

Au terme d’un entretien avec les représentants syndicaux, Christine Fréchette a affirmé avoir « été surtout à l’écoute, à l’écoute de leurs préoccupations, de leur réalité sur le terrain. Ils m’ont expliqué que la nature de leur travail avait évolué au cours des dernières années et qu’ils souhaitaient que ce soit reconnu dans le cadre de leur convention de l’entente qu’ils ont avec le gouvernement. Donc, puisque je ne suis pas au cœur des négociations, je vais aller aux informations. »

CPE Le Jardin de Robi

Des travailleuses de la garderie de Roberval, en grève depuis bientôt quatre mois pour conserver la rémunération de leurs heures de dîner, faisaient également partie du comité d’accueil Christine Fréchette.

Les éducatrices étaient venues exprimer leur mécontentement quant à la judiciarisation de leur conflit de travail par le gouvernement du Québec, qui souhaite classer les CPE comme un service essentiel.

« L’employeur [le gouvernement] nous dit qu’il n’a pas d’argent, et il déploie des énergies et des ressources considérables dans la judiciarisation du conflit. […] Ça fait 40 ans qu’elles sont rémunérées [les éducatrices] pour leurs heures de repas. Ça n’a aucun sens de vouloir leur enlever », déplore Nathalie Duperré, la présidente régionale du syndicat des centres de la petite enfance et des bureaux coordonnateurs de la FSSS, affiliée à la CSN.

Selon la représentante syndicale, la judiciarisation du conflit témoigne d’une « volonté de l’employeur de ne pas négocier et de limiter le droit de grève des travailleuses ».

« Là encore, je me suis montrée à l’écoute », a soutenu l’aspirante cheffe après sa discussion avec des éducatrices et leur représentante syndicale. Elle a toutefois expliqué ne pas pouvoir commenter le dossier davantage étant donné que celui-ci est justement « devant les tribunaux ».

RECOMMANDÉS POUR VOUS


Publié hier à 10h00

La SAAQ resserre l’encadrement de la conduite à moto

La Société de l’assurance automobile du Québec (SAAQ) a annoncé l’entrée en vigueur, dès le 15 juin, de nouvelles mesures visant à renforcer l’encadrement de la conduite motocycliste et à prévenir les comportements à risque sur le réseau routier. Parmi les principales nouveautés, les motocyclistes qui ajoutent les classes 6A, 6B ou 6C à leur ...

Publié le 8 mai 2026

Grève annoncée des ingénieurs de l’État pour le 20 mai

Munie d’un mandat de grève générale illimitée, l’Association professionnelle des ingénieurs du Gouvernement du Québec (APIGQ) a annoncé la transmission d’un avis de grève pour le 20 mai. L’Association affirme que les négociations avec l’État sont dans une impasse. Selon l’APIGQ, le blocage persiste malgré des demandes qu’elle juge peu coûteuses ...

Publié le 8 mai 2026

133 personnes aux prises avec la COVID longue dans la région

La pandémie a laissé de nombreuses traces au Québec. Décès dans les CHSLD, fermetures d’entreprises certes, mais aussi en laissant dans son sillage, au Saguenay-Lac-Saint-Jean, 133 personnes atteintes de COVID longue depuis six ans. C’est du moins le constat que dresse le Quotidien, alors que les effets indésirables sont encore bien réels.  Elles ...

Abonnez-vous à nos infolettres

CONSULTEZ NOS ARCHIVES