310 000 $, c’est ce qu’il en coûterait au gouvernement du Québec pour déposer l’étude d’impact environnemental liée au prolongement de la route 170 vers Alma. Bien peu lorsque comparé à l’ensemble des fonds déjà investis et qui devront l’être pour arriver au bout du projet vieux de 50 ans. D’ailleurs, il faudrait être crédule pour penser que c’est réellement cette dépense qui paralyse le projet.
Exaspérée par le piétinement du processus, la Ville d’Alma a même proposé de payer les 310 000 $ requis pour le dépôt de l’étude d’impact lors de son plus récent conseil municipal.
« Il est difficile de comprendre pourquoi un projet attendu depuis plus de 50 ans et dont l’étude d’impact est déjà complétée demeure sur une voie d’évitement. Nos citoyens, nos entreprises et l’ensemble de la région ont droit à des réponses claires et à des actions concrètes », estime mairesse d’Alma, Sylvie Beaumont.
Précisons que les 310 000 $ serviraient à financer les démarches inhérentes au dépôt d’une étude environnementale de cette envergure. Ces démarches englobent essentiellement l’analyse de recevabilité de l’étude conformément aux directives ministère de l’Environnement, de la Lutte contre les changements climatiques, de la Faune et des Parcs (MELCCFP) ainsi que la période d’information publique suivant l’acceptation de l’étude.
Explication
En effet, pourquoi ne pas déposer les résultats d’une étude qu’on s’est donné tant de mal à produire? Nathalie Girard, conseillère en communication pour le ministère des Transports et de la Mobilité durable, fournit des éléments de réponse.
« Cette étape-là [le dépôt de l’étude d’impact environnemental], c’est le début de quelque chose. Elle peut seulement être enclenchée lorsque les sommes requises pour la réalisation des travaux sont inscrites au PQI (Plan québécois des infrastructures) ». Or, bien que le prolongement de la route 170 vers Alma figure dans le PQI 2025-20235, aucune somme n’y a été attribuée pour le moment, laissant le projet sur la glace jusqu’à nouvel ordre.
Par ailleurs, précise Nathalie Girard, les 310 000 $ requis pour le dépôt de l’étude d’impact environnemental seraient de facto incluent dans le montage financier advenant l’intégration des fonds nécessaires à la réalisation du projet au PQI.
Autrement dit, l’interruption des démarches entourant le prolongement de la route 170 vers Alma ne découle en aucun cas du coût du dépôt de l’étude d’impact environnemental. Selon plusieurs témoignages recueillis par le journal Le Lac-St-Jean, il s’agirait plutôt d’un « manque de volonté politique ».
Les élus demandent des engagements clairs
Ainsi, la Ville d’Alma interpelle directement le ministre responsable de la région du Saguenay–Lac-Saint-Jean et député de Lac-Saint-Jean, Éric Girard, afin « qu’il fasse preuve de leadership et qu’il s’assure du dépôt de l’étude d’impact au ministère de l’Environnement, de la Lutte contre les changements climatiques, de la Faune et des Parcs dans les meilleurs délais.
Les élus rappellent que la modernisation de cet axe routier est essentielle afin d’assurer la sécurité des usagers, d’améliorer la fluidité de la circulation et de soutenir le développement économique régional. Ils font également valoir que le report du dépôt de l'étude pourrait mettre tout le projet en péril, ou du moins en retardée encore davantage la réalisation en plus d'en augmenter les coûts.