La Ville de Métabetchouan-Lac-à-la-Croix tente de se trouver une nouvelle source d’eau potable, estimant que le statu quo est impossible et que la décontamination de la source actuelle serait trop coûteuse.
C’est que depuis deux ans, la municipalité enregistre une concentration préoccupante de nitrites/nitrates dans son eau à la fin de l’hiver et au printemps. Durant ces périodes, la fonte des neiges et la pluie augmentent le risque de contamination des eaux, notamment pour les puits, en transportant des bactéries, des sédiments, des engrais et des résidus de pesticides vers les nappes phréatiques.
La norme de qualité établie par l’Institut national de santé publique du Québec (INSPQ) est de 10 mg/L pour les nitrites/nitrates. Une fois cette limite dépassée, un avis de non-consommation doit être émis pour les enfants de moins de 12 ans, les femmes enceintes et les personnes sous dialyse péritonéale. L’eau demeure toutefois potable pour la vaste majorité de la population.
À Métabetchouan, depuis l’atteinte d’un sommet de 13 mg/L en janvier 2025, un seuil de précaution de 5,1 mg/L demeure en vigueur. Dépassé ce seuil, l’INSPQ est informée et peut demander à la Ville d’émettre un avis de non-consommation pour les personnes les plus vulnérables même si la limite de 10 mg/L n’est pas atteinte. « La Santé publique ne veut pas prendre de chances », explique le maire de l’endroit, André Fortin.
Ainsi, au début de février, un nouvel avis de consommation a été émis de façon préventive après qu’une concentration de 9,1 mg/L ait été détectée, obligeant les citoyens concernés à se procurer de l’eau embouteillée fournie par la Ville dans différents points de cueillette. « Ça crée beaucoup d’inquiétude auprès de la population », admet le maire.
Contamination liée aux activités humaines
La prise d’eau actuelle du secteur Métabetchouan se trouve quelque part le long du rang 4, au cœur de terres agricoles. L’eau est puisée à même une nappe phréatique.
Or, les nitrites et les nitrates dans l'eau potable proviennent principalement d'activités humaines : engrais chimiques, fumiers, et fosses septiques défectueuses. Ces substances s'infiltrent dans les nappes phréatiques, surtout en milieu rural. Métabetchouan ne fait pas exception, indique un rapport d’analyse réalisé au cours de la dernière année et qui sera prochainement rendu public.
Recherche d’une nouvelle source
Trois scénarios ont été énoncés en conclusion du rapport: le maintien du statu quo, la décontamination de la source d’eau potable à l’aide d’une station d’épuration ou la recherche d’une nouvelle source.
Selon André Fortin, « l’usine d’épuration coûterait énormément cher et le statu quo n’est pas possible, donc on s’est mis à la recherche d’une nouvelle source parce que c’est le moyen le plus sûr et le moins cher pour atteindre l’objectif qu’on veut atteindre à long terme.
Le maire précise que trois secteurs potentiels ont été identifiés. « Nous sommes maintenant rendus à donner des contrats pour procéder à des forages exploratoires. »
Chose certaine, beaucoup d’étapes devront être franchies avant qu’une nouvelle source puisse être utilisée. Entre autres, des échanges devront avoir lieu entre la Ville et la Commission de protection du territoire agricole du Québec. Le maire se dit déjà conscient que « la Ville devra aller dans des terres où c’est le moins dérangeant possible, dans des terres qui ont le moins de valeur sur plan agricole. On est déjà très chanceux d’avoir ces trois secteurs-là. »