Chroniques

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Louis Arcand en liberté !

Le cri du cœur des oubliés

Le 28 mai 2026 — Modifié à 15 h 30 min
Par Louis Arcand

La forêt a besoin de se faire entendre, mais malheureusement, sa voix n’arrive pas à rejoindre les gens des villes ni les décideurs. Pour les citadins des grandes métropoles, la forêt est devenue un concept intouchable; c’est presque un péché de couper des arbres. Ils ont été bombardés d’images de forêts récoltées et se sont indignés devant ce qu’ils perçoivent comme des paysages de désolation. Ce qu’ils n’ont pas compris, c’est que la forêt est un organisme vivant qui se régénère et repousse. Ils oublient qu’une forêt jeune, aménagée et en santé vaut mille fois mieux qu’une forêt qu’on laisse brûler ou qui dépérit de vieillesse, perdant ainsi sa valeur écologique.

Ils étaient plus de 300 à Dolbeau-Mistassini vendredi dernier pour le grand rassemblement de la forêt. C’était un cri de ralliement de gens qui vivent, de près ou de loin, grâce à cette industrie et qui cherchent des solutions pour sortir d’une crise qui dure depuis trop longtemps. Pourquoi cette forêt, si fondamentale à notre identité, ne figure-t-elle pas parmi les priorités de nos gouvernements?

Le bois est pourtant partout dans notre quotidien. Grâce à la cellulose, aux nanofibres et aux biocarburants, il se retrouve dans les produits cosmétiques, d’entretien, les vêtements et même dans certaines pilules. La liste est longue. Alors que le terme à la mode au Canada est celui de « matériaux critiques », le bois devrait être considéré comme le premier d’entre eux, tant il est indispensable à notre vie moderne. Malheureusement, ce n’est pas ce qui se produit. Le bois et son industrie sont tenus pour acquis. Pourquoi nos gouvernements n’écoutent-ils pas le cri du cœur de ces travailleurs et refusent-ils de prioriser cette industrie stratégique?

Premièrement, les ministres responsables de la forêt qui se sont succédé depuis de nombreuses années n’ont aucune connaissance réelle de la forêt. À titre d’exemple, Maïté Blanchette Vézina possède une formation d’avocate; on est loin de la réalité du terrain. Alors, quand on ne connaît pas son dossier, on se fie aux fonctionnaires du ministère. Ceux-ci sont, pour la vaste majorité, dans des bureaux à Québec, loin de la cime des arbres. Et ces fonctionnaires voient défiler les ministres : au cours des huit dernières années, il y en a eu cinq! Comment voulez-vous que cela fonctionne? Lorsqu’un ministre commence à comprendre

l’industrie, on le remplace. Chaque nouveau venu doit décoder une réalité qu’il ne connaît que sur papier.

Pouvez-vous m’expliquer pourquoi notre gouvernement reste les bras croisés lorsqu’une poignée d’individus bloque les chemins forestiers, empêchant d’honnêtes citoyens de gagner leur vie? Cela dure depuis quatre ans et rien n’est réglé. Les conseils de bande laissent traîner le problème, car le chaos causé par certains groupes va peut-être les aider à faire avancer leurs négociations avec Québec. Et qui en paie le prix? Encore l’industrie et les travailleurs pris en otage. À Montréal, à Québec et même à Saguenay, on se fout de l’industrie forestière. Ce n’est pas dans notre cour, donc on ne voit rien. Par contre, les nids-de-poule, ça, c’est une grosse préoccupation.

Les communautés forestières vont perdre un excellent porte-parole lorsque Yanick Baillargeon quittera son poste de président en juin prochain. Alors, gens de l’industrie, sortez du bois et arrêtez d’attendre après les autres. Organisez-vous avant de vous faire organiser. Il y a des élections dans cinq mois au Québec. Avant de fermer d’autres usines, présentez des candidats issus du secteur forestier afin que nous ayons enfin des gens qui comprennent l’industrie et qui prendront les décisions nécessaires pour assurer votre survie.

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