À l’approche de la Mise à jour économique du printemps prévue le 28 avril, la Fédération canadienne de l’entreprise indépendante (FCEI) lance un appel pressant au gouvernement fédéral afin qu’il prenne des mesures concrètes pour soutenir les petites et moyennes entreprises (PME) et relancer l’entrepreneuriat au pays.
Selon la FCEI, le Canada traverse une période préoccupante alors que depuis six trimestres consécutifs, on y observe davantage de fermetures d’entreprises que de créations. Une tendance qui traduit, d’après l’organisation, une véritable pénurie d’entrepreneurs.
« Il est temps que le gouvernement s’intéresse sérieusement aux PME », affirme Christina Santini, directrice des Affaires nationales à la FCEI, soulignant l’urgence d’un changement de cap.
Dans une lettre récemment transmise au ministre des Finances et du Revenu national, François‑Philippe Champagne, la Fédération réclame des actions ciblées pour enrayer le déclin de l’entrepreneuriat et favoriser l’investissement dans les petites entreprises canadiennes.
Parmi les principales demandes formulées, la FCEI propose de réduire le taux fédéral d’imposition des petites entreprises de 9 % à 6 %. Elle souhaite également que le seuil de la déduction accordée aux petites entreprises passe de 500 000 $ à 700 000 $, et qu’il soit par la suite indexé à l’inflation. L’organisme demande aussi une baisse du taux de cotisation à l’assurance‑emploi pour les petits employeurs.
Sur le plan réglementaire, la Fédération plaide pour un allègement du fardeau administratif, suggérant l’élimination de deux règlements pour chaque nouveau règlement adopté. Elle insiste également sur l’importance de soutenir la relève entrepreneuriale, notamment en améliorant la fiscalité lorsque le produit de la vente d’une entreprise est réinvesti dans une PME canadienne.
« Ces mesures offriraient un allègement immédiat, stimuleraient la productivité et aideraient les PME à investir dans leurs activités et dans l’économie », soutient Jasmin Guénette, vice‑président des Affaires nationales à la FCEI.
Selon lui, négliger les petites entreprises affaiblit à long terme la résilience économique du pays, en réduisant l’innovation, la concurrence et la croissance.
Un sondage mené par la FCEI auprès de 1 130 de ses membres révèle par ailleurs un climat de méfiance : près de trois entrepreneurs sur quatre (73 %) ne sont pas convaincus que le gouvernement fédéral appuie réellement les PME.