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Temps de lecture : 2 min 33 s

Convoi Ensemble pour la forêt entre Chambord et Alma

« Rien ne va plus dans le secteur forestier »

Yohann Harvey Simard
Le 27 juin 2025 — Modifié à 18 h 08 min
Par Yohann Harvey Simard - Journaliste de l'Initiative de journalisme local

Rejet du projet de loi 97 par des communautés autochtones, blocus forestiers, menaces tarifaires américaines, imprévisibilité des récoltes, coût de la fibre élevé, l’industrie forestière québécoise est en crise. Pendant ce temps, des scieries ferment, des travailleurs perdent leur emploi et le bois d’œuvre s’accumule dans les cours. En colère, des centaines de représentants de l’industrie forestière et d’entreprises connexes ont pris la route ce matin à partir de Chambord jusqu’à Alma afin d’inciter les gouvernements à agir. C'était le convoi Ensemble pour la forêt.    

Arrivés à Alma, les membres du convoi se sont réunis aux côtés de politiciens de tous les paliers. D’une même voix, ils ont demandé aux gouvernements provincial et fédéral de mettre en place une cellule de crise pour venir à bout des nombreuses difficultés que traverse l’industrie forestière québécoise depuis trop longtemps.

« L’environnement d’affaires de la foresterie n’est plus viable », martèle Marc-André Despins, directeur général de la Coopérative forestière du Haut Saint-Maurice.

Effet domino

Le maire de L’Ascension et préfet de la MRC de Lac-Saint-Jean-Est, Louis Ouellet, est aux premières loges pour observer les répercussions de la crise forestière actuelle, qui s’est notamment traduite par la fermeture de la scierie d’Arbec de L’Ascension le 9 juin dernier.

Qui plus est, le préfet rappelle que « la situation actuelle n’affecte pas seulement les travailleurs forestiers, elle affecte les transporteurs, le dépanneur du coin, la coiffeuse ».  

Au Saguenay-Lac-Saint-Jean, l’industrie forestière, en incluant les entreprises de transformation, représente environ 8 000 emplois directs et indirects. Cela ne prend pas en compte tous les autres commerces locaux qui dépendent de la vitalité de l’industrie forestière, comme les équipementiers, les firmes de comptabilité ou même les restaurants. La foresterie se place donc comme un secteur névralgique de l’économie régionale.

Des enjeux nombreux et complexes

Le convoi Ensemble pour la forêt a pris la route dans un contexte de fortes tensions entre les acteurs de l’industrie, les instances gouvernementales canadiennes et américaines et les communautés autochtones.

Les tarifs américains sur le bois d'œuvre du Québec sont actuellement fixés à 14,54%, mais pourraient bientôt augmenter. Les États-Unis envisagent d'imposer des droits compensatoires supplémentaires, potentiellement doublant le taux actuel et atteignant 34,45%. 

Parallèlement, l’accès au territoire de coupe est réduit en raison de blocus organisés par des communautés autochtones. Ces dernières critiquent l’absence de consultations adéquates dans le cadre du dépôt du projet de loi 97 visant à réformer le régime forestier. Elles réclament par ailleurs la cogestion plutôt que la simple consultation.

Le principe de triade, pierre d’assise du projet de loi 97, est également contesté. Selon différents groupes environnementaux, le principe de zonage tripartite (triade) y est repris de façon dénaturée: on y accorderait une priorité excessive aux zones d’exploitation, ce qui va à l’encontre des modèles écologiques validés scientifiquement. Les experts jugent que le zonage à 30 % en exploitation intensive est « totalement irréaliste ».

« L’annonce du gouvernement sur la réforme du régime forestier nous avait tous donné une lueur d’espoir. Mais malheureusement, ça a eu l’effet contraire; ça a été un projet diviseur plutôt que rassembleur », estime Maxence Otis, président de l’Association québécoise des entrepreneurs forestiers.

Il ajoute: « en tant qu’entrepreneurs forestiers, nos investissements sont de plus en plus importants, et nos marges, en diminution en raison de l’augmentation de nos coûts d’exploitation. Les arrêts d’usine temporaires, et parfois permanents, sont très difficiles à vivre. La fermeture des usines d’Arbec, les blocus érigés par certains membres des communautés autochtones, le projet de loi 97, rien ne va plus dans le secteur forestier dans les régions du Saguenay-Lac-Saint-Jean et de la Mauricie. Sans la coupe et la transformation du bois, une grande partie de nos régions est, ou sera bientôt, paralysée. Le bois est essentiel à nos vies comme il l’est dans celles des Premières Nations. »

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