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Recul sur la loi 96

Le Parti Québécois dénonce un manque de leadership chez les libéraux

Émile Boudreau
Le 20 avril 2026 — Modifié à 10 h 26 min
Par Émile Boudreau - Journaliste

Le chef du Parti libéral du Québec (PLQ), Charles Milliard, a fait volte-face concernant la loi 96 à la suite d’une rencontre avec le caucus libéral, convoquée quelques heures après une prise de position qui en avait surpris plus d’un au sein de son propre parti.

Jeudi dernier, le chef du PLQ affirmait qu’il renouvellerait l’usage de la clause dérogatoire pour protéger la Charte de la langue française, surnommé loi 96, contre d’éventuelles contestations judiciaires. Cependant, cette position n’aura été que de courte durée.

Suivant la rencontre avec son caucus, Charles Milliard a tempéré ses propos, soulignant vouloir plutôt apporter des modifications à la loi afin que l’usage de la disposition de dérogation ne soit plus nécessaire. Dans une publication sur le réseau social X mis en ligne aujourd’hui, le chef du PLQ a toutefois indiqué qu’une fois élu premier ministre, il utilisera tous les pouvoirs à sa disposition pour protéger la langue française, y compris la clause dérogatoire.

Réaction du Parti Québécois

Selon le Parti Québécois (PQ), le chef libéral aurait été rappelé à l’ordre par plusieurs députés, notamment ceux représentant les circonscriptions de l’ouest de l’île de Montréal. Ceuxci lui auraient demandé de reculer et de ne pas appuyer le renouvellement de la clause dérogatoire.

« La protection du français n'aura duré que 24 heures au Parti libéral du Québec. Nous savons maintenant depuis vendredi dernier qu'il n'y aura pas de changement avec un nouveau chef libéral. C'est à Philippe Couillard qu'il doit se comparer en cette matière, certainement pas à Robert Bourassa. », a affirmé le porte-parole en matière de langue française du PQ, Pascal Bérubé.

Pour le Parti québécois, cette volteface révélerait à la fois une préparation insuffisante du dossier en plus de soulever des questions quant à l’autorité réelle du chef libéral.

« Charles Milliard s’est fait rappeler de façon dure que le Parti libéral ne changera pas quant à la promotion et la défense de l’identité québécoise. En matière de langue, il n’exercera pas de leadership et sera ramené à un simple rôle de porteparole de la position de ses députés anglophones », a ajouté Pascal Bérubé.

Le député péquiste s’en est également pris au chef du Parti conservateur du Québec, Éric Duhaime, soutenant que ce dernier partage, sur la question linguistique, une position similaire à celle du PLQ.

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