Chroniques

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Chez nous, c'est Ski-Doo

Le 16 janvier 2024 — Modifié à 16 h 00 min
Par Roger Lemay

Bénie sois-tu, belle neige des derniers jours, qui nous permet enfin d’enfiler nos skis, nos raquettes et d’enfourcher nos motoneiges ! 

Il était temps. Durant mon enfance, la saison de « Ski-Doo » s’amorçait tôt en décembre, aujourd’hui, elle dure trois mois, de la mi-janvier à la mi-avril. 12 semaines sur lesquelles notre région devrait miser davantage pour attirer les motoneigistes d’ailleurs avides d’or blanc, qu’ils ne retrouvent plus dans leur cour. Avez-vous vu les reportages des derniers jours ? Ça part du Centre-du-Québec, de l’Estrie et de la Montérégie pour venir rouler sur les Monts-Valin. Ces gens-là sont tannés de voir leur engin stationné sur la pelouse.

C’est que le Ski-Doo, ça rapporte gros. Les retombées économiques de la motoneige chez nous sont en croissance, atteignant 120 millions par année pour notre seule région. À l’échelle du pays, les chiffres peuvent même donner le vertige. Tenez-vous bien.

En calculant tout, les ventes, les emplois directs et indirects, l’entretien des motoneiges, des sentiers, les retombées chez les commerçants, restaurateurs, relais, assureurs et les séjours des touristes étrangers friands de cette activité, l’impact économique de la motoneige s’élève à 9,3 milliards au Canada chaque année et rapporte 1,4 milliard en taxes aux gouvernements. On évalue à 600 000 le nombre de motoneigistes au pays. Rien qu’au Québec, les clubs ont la charge d’entretenir 33 000 kilomètres de sentier. C’est l’équivalent de 10 fois la distance entre Saguenay et Miami.

Ne nous y trompons pas, la motoneige demeure une activité polluante, mais pas mal moins qu’à l’époque des moteurs deux temps. Pour vous donner une petite idée, je possède une machine 4 temps plutôt légère. Pour une randonnée de 4 ou 5 heures (ma moyenne), je ne consomme pas plus d’essence qu’une personne partant de Saguenay avec son VUS pour aller faire du ski au Mont Édouard.

Ok, j’avoue que ça me donne un peu bonne conscience. Je rêve du jour où je piloterai une motoneige électrique fiable et abordable. Les départements de recherche et développement sont à l’oeuvre chez les trois fabricants restants; Bombardier, Polaris et Arctic Cat, Yamaha s’étant maintenant retiré de l’industrie.

Si les sentiers des Monts-Valin sont les plus connus, ceux du Lac-St-Jean gagnent à être découverts et devraient faire l’objet davantage de promotion. Le parcours du Parc régional des Grandes-Rivières avec ses huit passerelles est tout simplement sublime. Idem pour le segment Hébertville-Mont-Apica.

Et je termine en félicitant les clubs de motoneigistes et leurs bénévoles, qui tiennent ce loisir à bout de bras. Mention spéciale aussi aux MRC qui ont multiplié les investissements, aux agriculteurs qui nous laissent passer sur leurs terres, et à tous ceux qui permettent la pérennité de notre activité hivernale favorite.

Car, comme dans la chanson de Sara Dufour, Chez nous c’est Ski-Doo.

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