La première ministre du Québec, Christine Fréchette, et le ministre des Finances, Eric Girard, ont annoncé une baisse du taux d’imposition des petites et moyennes entreprises (PME). L’annonce a été faite lors d’un passage en Beauce.
Dès maintenant, le taux d’imposition des PME passera de 3,2 % à 2,2 %. Selon le gouvernement, cette réduction représente un allègement fiscal de près de 630 millions de dollars sur cinq ans et bénéficiera à environ 75 000 PME dans toutes les régions du Québec.
Le gouvernement ajoute que chaque entrepreneur pourrait économiser jusqu’à 5 000 dollars par année. L’objectif est de rendre les entreprises d’ici plus compétitives et de leur permettre de dégager des marges de manœuvre financières additionnelles.
Vives critiques de l’opposition
L’annonce a toutefois suscité de fortes réactions de l’opposition. La cheffe parlementaire de Québec solidaire, Ruba Ghazal, dénonce ce qu’elle qualifie de « cadeaux électoralistes » et soutient que la mesure ne cible pas adéquatement les plus petites entreprises.
« Avec l'état de nos finances publiques, hérité de la mauvaise gestion de la CAQ, il faut s'assurer que chaque dollar dépensé aura un effet réel sur la stimulation économique et sur le coût de la vie des gens qui travaillent. Ce sont souvent les mesures les moins tape-à-l'œil qui ont le plus d'impact. La première ministre devrait résister à la tentation des cadeaux électoralistes. », a-t-elle déclaré
De son côté, le Parti québécois (PQ) accuse la Coalition avenir Québec (CAQ) d’avoir repris l’un de ses engagements et d’agir à la dernière minute. Selon le chef du PQ, Paul St‑Pierre Plamondon, cette baisse d’impôt s’inscrit en contradiction avec les orientations économiques défendues par la CAQ jusqu’à tout récemment. Il reproche à la première ministre d’effectuer un virage idéologique tardif après des années de politiques interventionnistes.
« Christine Fréchette tentera fort probablement de nous dire que le gouvernement a été trop interventionniste et qu'il doit prendre un virage. Elle dira ainsi exactement le contraire de la politique qu'elle a elle-même menée et défendue bec et ongles à la CAQ jusqu'à tout récemment, alors qu’elle se vantait des milliards dépensés et qu’elle accusait les partis d'opposition qui remettaient en question cette façon d'opérer l'économie québécoise. », a déclaré le chef du PQ.
Accueil favorable du milieu des affaires
À l’inverse, le milieu patronal salue largement la décision du gouvernement. Le Conseil du patronat du Québec (CPQ) estime que la mesure va dans la bonne direction, alors que les entreprises font face à une pression accrue sur les coûts, l’investissement et la productivité.
Le CPQ met toutefois en garde contre un possible effet de seuil, craignant que certaines entreprises hésitent à croître pour conserver leurs avantages fiscaux. L’organisation souhaite qu’une baisse du fardeau fiscal pour l’ensemble des entreprises soit envisagée à plus long terme.
La Fédération des chambres de commerce du Québec (FCCQ) accueille également favorablement l’annonce. Selon sa présidente-directrice générale, Véronique Proulx, le niveau élevé de la fiscalité nuit à la compétitivité des entreprises québécoises, notamment à l’exportation.
Les économies que feront les PME québécoises grâce à cette baisse d'impôts contribueront à atténuer les hausses de prix causées par l'incertitude tarifaire et géopolitique. », a-t-elle affirmé.