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La relève entrepreneuriale

Un dossier discret en période électorale

Le 15 avril 2025 — Modifié à 14 h 48 min le 28 mai 2025
Par Denis Villeneuve

À la veille de la tenue à Montréal du Sommet du repreneuriat dans le contexte de la campagne électorale fédérale, les candidats ont intérêt à se prononcer sur des mesures d’aide compte tenu qu’en 2025, ce sont autour de 800 à 1000 entreprises du Saguenay-Lac-Saint-Jean qui devraient changer de propriétaires.

Quelles sont les mesures proposées par les partis politiques fédéraux pour favoriser le transfert de ces entreprises entre les mains de la relève familiale ou extérieure ?

Le Réveil a tenté d’interpeller les candidats des principales formations politiques en lice afin de connaître leur position.

Éric Dufour, vice-président Saguenay-Lac-Saint-Jean chez Raymond Chabot Grant Thornton, s’intéresse depuis longtemps à ce dossier, même s’il convient qu’il n’occupe pas la une des médias à tous les jours. Chiffres à l’appui, M. Dufour, qui se prépare à donner une conférence lors du sommet étalé sur deux jours, estime qu’il s’agit d’un dossier crucial sur le plan économique.

« Depuis le début de la campagne électorale, je n’ai pas entendu parler du sujet sur le terrain. Ce qui est difficile, c’est que le monde pense qu’il s’agit simplement d’une histoire de trouver un acheteur et un revendeur. On sait que 80 % des entreprises sont familiales. Le grand défi est que les parents ne peuvent profiter de l’exonération du gain en capital lors de la revente, même si l’ex-ministre des Finances, Christia Freeland, a favorisé le déroulement de transfert pour les entreprises familiales », explique le comptable.

Du même souffle, M. Dufour affirme avoir également interpellé le député conservateur Richard Martel afin qu’il intervienne lors que le gouvernement libéral avait proposé de hausser à 67 % le taux d’imposition des gains en capital au-delà de 250 000 $, une mesure qui a été abandonnée par le gouvernement libéral. M. Dufour déplore que le ministre des Finances du Québec, Éric Girard, ait continué de tabler sur le taux de 67 % lors de son dernier budget. M. Dufour soutient que l’argent laissé aux entrepreneurs lors d’une vente est susceptible d’aider au financement des repreneurs.

Même si pour le commun des mortels, le dossier du transfert d’entreprises peut paraître technique, M. Dufour rappelle qu’une foule d’entreprises qui effectuent de la capacité en sous-traitance par exemple avec Rio Tinto, les compagnies forestières et autres sont des entreprises familiales embauchant des milliers de travailleurs. Outre la nécessité pour elles de préparer longtemps à l’avance leur relève, elles doivent faire face à toute une série de défis comme la hausse de leur productivité, l’imposition de nouveaux tarifs douaniers, la gestion de main-d’œuvre et  autres. Au passage, M. Dufour déplore que trop d’entreprises ne se préparent pas bien ou tardent trop à adopter un plan de transfert.

Parmi les entrepreneurs qui ont tenté des expériences de transfert d’entreprises à des personnes non apparentées, figure le producteur maraîcher et fruitier, André Lévesque, qui a tenté pendant six ans d’agir comme mentor auprès d’un releveur en louant ses terres à bas prix. Malgré les efforts déployés par le producteur et le releveur, ce dernier a annoncé l’automne dernier qu’il abandonnait le projet de poursuivre le projet l'exploitation de la ferme en activité depuis 50 ans. En haute saison, la Ferme André Lévesque pouvait embaucher une quinzaine de travailleurs soutenus par 80 travailleurs étrangers temporaire. M. Lévesque affirme que dans ce type de dossier, tout est question d’argent en dépit du fait que des programmes d’aide prenant différentes formes existent.  La hausse du prix des terres agricoles, les difficultés de recrutement de main-d’œuvre, les prix élevés d’acquisition de machinerie spécialisée ne sont que quelques-uns des défis à relever annuellement. M. Lévesque affirme être encore à la recherche d’une relève, tout en se disant conscient que ça va continuer d’être difficile.

Dans son édition de fin de semaine, le Devoir, via son chroniqueur Gérard Bérubé, se basant sur des données de la Fédération canadienne de l’entreprise indépendante (FCEI) publiées en 2023, rappelait qu’un mouvement de fond déferlerait dans les prochaines années alors que 2000 milliards de dollars d’actifs commerciaux seront susceptibles de changer de mains avec 76 % des propriétaires de PME prévoyant passer le bâton d’ici dix ans.

Parti libéral du Canada

Sollicités afin de faire connaître les propositions de chacun de leur parti visant à favoriser le transfert d’entreprises, les candidats régionaux ont apporté quelques réponses.

Le candidat libéral dans Lac Saint-Jean, Denis Lemieux, a mentionné que son passé d’entrepreneur lui a permis d’effectuer plusieurs interventions auprès de gens d’affaires désireux de revendre leur entreprise à des groupes d’employés ou leurs enfants. Il a cité plusieurs entreprises, tout en demandant de ne pas publier les noms de ces dernières. M. Lemieux affirme que les transferts d’entreprises agricoles s’avèrent particulièrement difficile en raison de coûts et investissements nécessaires à l’acquisition.

« Le transfert d’entreprises aux jeunes et à la relève est l’une de mes préoccupations principales, affirme le candidat libéral. Il faut une volonté des entrepreneurs de partager la richesse aux employés ainsi que les connaissances. »

Il affirme que le gouvernement libéral actuel a l’initiative du ministre des Finances, François-Philippe Champagne, qui a adopté des mesures avec la bonification du programme Agri-Marketing pour le développement de nouveaux marchés à hauteur de 30 M$ ainsi que la mise à jour d’un programme de prêt plus flexible, en plus d’une hausse de la garantie de prêt qui passe de 500 000 $ à 1 M$ sans compter une augmentation du Programme de technologies toujours dans le secteur agricole.

Bloc québécois

En fouillant dans la plate-forme du Bloc québécois, il est possible de constater que la seule proposition touchant la relève entrepreneuriale vise la promotion de la reprise des terres en friche ainsi qu’un appui à la productivité du milieu agricoles, ce qui inclut l’automatisation et la capacité d’abattage locale.

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